Des astronomes ont découvert une planète de « deuxième génération », un monde formé à partir des restes d’une étoile mourante. Cette découverte, détaillée dans une nouvelle publication de Nature Astronomy, remet en question les hypothèses précédentes sur la formation des planètes. La planète orbite autour d’une naine blanche, le vestige dense d’une étoile de masse moyenne ayant épuisé son carburant nucléaire, et se serait formée à partir de matière éjectée lors de la mort de l’étoile. Cette découverte remonte à il y a 25 ans, lorsque des astronomes ont orienté le télescope spatial Hubble et d’autres grands observatoires vers des naines blanches pour étudier ce qui arrive aux systèmes planétaires lorsque leur étoile centrale meurt. Pendant plus de deux décennies, les chercheurs ont suivi des anomalies chimiques dans les atmosphères de ces naines blanches. Le modèle théorique classique suggérait que, lorsqu’une étoile devient une géante rouge, elle engloutit et détruit ses planètes internes, ne laissant intacts que celles situées loin du système. Cependant, une analyse récente des données de Hubble et des observations du chasseur d’exoplanètes TESS (NASA) a révélé un signal chimique anormal autour de la naine blanche HS 0209+0832, située à environ 790 années-lumière de la Terre. L’atmosphère de cette naine blanche présentait des concentrations extrêmes de zinc, de cuivre et de niobium – des éléments issus de la phase de mort de l’étoile. La signature chimique observée ne provenait pas d’un ancien rocher avalé par l’étoile, mais indiquait plutôt la présence d’une géante gazeuse similaire à Jupiter, orbitant très près (4,4 jours) autour du cadavre stellaire. Soumise au rayonnement intense de la naine blanche, l’atmosphère de la planète s’évapore lentement et pollue la surface de l’étoile. Cette planète ne s’est pas formée il y a des milliards d’années en même temps que son étoile, mais bien après. Pendant sa phase de géante rouge, l’étoile mourante a éjecté une quantité massive de gaz et de poussière. Dans ces conditions, la formation d’un disque protoplanétaire n’est pas aisée, ce qui explique en partie la rareté de ces planètes. Une étoile isolée meurt et perd de la masse de manière presque symétrique. Pour former un disque d’accrétion nécessaire à la naissance d’une planète, HS 0209+0832 a probablement eu besoin d’une étoile compagnon qui aurait canalisé la matière éjectée en orbite, plutôt que de la laisser s’échapper. Cette découverte est fascinante, car elle ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les mécanismes à l’œuvre lorsque les étoiles naissent, meurent et que les planètes se forment. L’annonce, en 1992, de la détection d’une paire de planètes autour d’un pulsar, vestige d’une étoile ayant explosé, avait d’abord eu du mal à être acceptée par la communauté scientifique. On a ensuite compris que ces planètes étaient nées de l’explosion. Cette enquête de 25 ans offre également un aperçu de l’avenir lointain de notre propre système solaire : dans environ 5 milliards d’années, lorsque le Soleil mourra en devenant une naine blanche, les cendres de notre étoile pourraient donner naissance à un monde entièrement nouveau.