Les bandes dessinées générées par IA font polémique

Les bandes dessinées générées par intelligence artificielle sont devenues un sujet de débat, notamment depuis la sortie de initial_A de Thierry Murat. Cet album, d'abord annulé par son éditeur, Delcourt, sous la pression de ses équipes internes, a finalement été publié grâce à une campagne de financement participatif ayant permis de réunir plus de 23 000 euros.

Les réactions du public sont partagées

La sortie de initial_A a suscité un large éventail de réactions. Certains critiques ont affirmé que seules les méthodes traditionnelles, comme le crayon et le papier, pouvaient donner naissance à une véritable œuvre d'art, tandis que d'autres ont accusé l'éditeur de censure et de « cancel culture ». Malgré la polémique, le livre est aujourd'hui globalement bien accueilli pour son approche innovante.

L'influence croissante de l'IA dans le secteur technologique

Au moment de la publication de initial_A, ChatGPT gagnait déjà en popularité, sans toutefois occuper la place dominante qui est la sienne aujourd'hui. L'IA, en particulier les générateurs d'images, restait alors en grande partie au stade expérimental. Désormais, de grandes entreprises technologiques comme OpenAI, Anthropic, Google et Meta sont devenues des acteurs majeurs du secteur, et leurs outils d'IA s'intègrent de plus en plus dans la vie quotidienne.

Des incertitudes juridiques et éthiques persistent

Malgré l'essor de l'IA, il n'existe toujours pas de cadre juridique clair régissant les droits et les responsabilités des développeurs et des utilisateurs d'IA. Cette incertitude suscite des inquiétudes quant à la légitimité de certains contenus générés par IA, en particulier lorsque les créateurs ou les éditeurs ne fournissent pas les mentions légales nécessaires ou les informations sur l'auteur.

L'IA, outil de projets douteux

L'utilisation de l'IA a également attiré des profiteurs et des projets discutables. Par exemple, Olivier Krajzelman affirme avoir créé La Table Ronde des Virus Éduqués à l'aide d'un logiciel d'IA. Or, son site internet ne comporte pas d'informations juridiques essentielles, et il a même prétendu avoir identifié un dessin perdu de Léonard de Vinci grâce à une IA de comptabilité, ce qui fait planer le doute sur l'authenticité du projet.

Les éditeurs pèsent les risques et les bénéfices

Des éditeurs de bande dessinée comme Dupuis, Glénat et Fluide Glacial doivent désormais décider s'ils adoptent ou non des outils d'IA. Certaines start-up proposent déjà des solutions d'IA destinées à rationaliser la production, mais de nombreux éditeurs restent prudents. Le rejet de l'IA par une partie des lecteurs, illustré par la vague de protestations suscitée par une supposée illustration générée par IA dans Berserk, laisse penser que le secteur demeure méfiant face à l'intégration de l'IA.

Des tendances éditoriales variables à l'international

En dehors de la France, le secteur de l'édition est divisé sur la question de l'IA. Certains grands éditeurs, comme DC Comics et Shueisha, appliquent des politiques strictes de rejet de l'IA, tandis que d'autres, comme Hachette et HarperCollins, adoptent les outils d'IA. Ces approches divergentes illustrent le débat en cours sur la place de l'IA dans l'édition.