Le Great Pacific Garbage Patch, qui pèse 79 000 tonnes, est bien plus vaste que prévu. De nouvelles recherches lient les microplastiques au changement climatique, tandis que les efforts mondiaux stagnent.
Les déchets plastiques du Pacifique pèsent 79 000 tonnes
Une étude de 2018, publiée dans la revue Scientific Reports, a estimé que le Grand Vortex de déchets du Pacifique, une vaste accumulation de déchets plastiques entre la Californie et Hawaï, pèse environ 79 000 tonnes. Ce chiffre est nettement supérieur aux estimations précédentes, ce qui montre que les scientifiques avaient sous-estimé l'ampleur du problème.Le vortex de déchets couvre une superficie considérable
Le Grand Vortex de déchets du Pacifique s'étend sur environ 1,6 million de kilomètres carrés, soit trois fois la superficie de la France. Toutefois, les déchets sont dispersés plutôt que concentrés, ce qui rend leur repérage difficile depuis un bateau ou un avion.La plupart des déchets sont de gros débris et des filets de pêche
Plus des trois quarts de la masse totale du vortex sont constitués de débris de plus de 5 centimètres. Au moins 46 % de ceux-ci sont des filets de pêche abandonnés ou perdus, appelés « filets fantômes », qui continuent de piéger la vie marine pendant des années après leur rejet.Les microplastiques liés au changement climatique
Une étude de 2026 publiée dans Nature Climate Change suggère que les micro- et nanoplastiques présents dans l'atmosphère contribuent au réchauffement climatique, en particulier dans des zones comme le Grand Vortex de déchets du Pacifique. Ces minuscules particules plastiques modifient la manière dont l'atmosphère absorbe et réfléchit la chaleur.Efforts de nettoyage et nouveaux partenariats
The Ocean Cleanup, une organisation environnementale, a retiré plus de 62 millions de kilogrammes de déchets des écosystèmes aquatiques. Elle a récemment signé une lettre d'intention avec le Conseil économique, social et environnemental des Nations unies (CESAP) afin d'élargir son action.Négociations mondiales sur le plastique au point mort
Les efforts diplomatiques visant à conclure un traité mondial sur le plastique ont échoué à Genève, bloqués par de grands pays, dont les pays producteurs de pétrole, la Russie, l'Inde, les États-Unis et la Chine. Ces nations ne voulaient pas accepter de restrictions sur la production de plastique, ce qui a déçu les responsables français.Nouvelle présidence et négociations à venir
Julio Cordano, ambassadeur du Chili, a pris la présidence du Comité intergouvernemental de négociation. Une nouvelle session, baptisée INC-5.4, est prévue au printemps 2027. Toutefois, une réunion préparatoire à Nairobi a été critiquée pour avoir exclu la société civile et les scientifiques des discussions.Le vortex de déchets reflète les habitudes mondiales en matière de plastique
Le Grand Vortex de déchets du Pacifique n'est pas seulement une curiosité scientifique, mais le signe visible d'un système mondial de production et de consommation qui génère des quantités croissantes de déchets plastiques. Si la recherche scientifique continue d'approfondir notre compréhension, les obstacles politiques demeurent, et l'avenir de la lutte contre ce problème dépend à la fois des efforts scientifiques et diplomatiques.