Une étude publiée dans la revue Environmental Health and Preventive Medicine en mars 2025 a révélé que les femmes qui consomment quotidiennement du thé vert présentent un taux de mortalité significativement plus faible dû à une maladie rénale chronique que celles qui n’en boivent pas. Cette recherche, menée par des épidémiologistes de l’Université de Tsukuba, a analysé les données d’une cohorte japonaise de plus de 100 000 personnes âgées de 40 à 79 ans, suivies pendant près de vingt ans. L’étude a montré que les femmes consommant trois tasses ou plus de thé vert par jour avaient un risque de décès inférieur de 45 % par rapport à celles qui en buvaient moins d’une tasse. Une à deux tasses par jour semblaient réduire le risque, mais aucun bénéfice supplémentaire n’a été observé au-delà de cinq tasses quotidiennes. En revanche, chez les hommes, aucune association n’a été établie entre la consommation de thé vert et la mortalité due aux maladies rénales, quel que soit le nombre de tasses consommées. L’étude souligne que les effets protecteurs du thé vert pourraient être liés à ses catéchines, des antioxydants susceptibles de protéger les petits vaisseaux sanguins responsables de la filtration du sang. Cependant, les chercheurs précisent que les hommes de la cohorte avaient tendance à fumer et à boire davantage, ce qui aurait pu masquer d’éventuels bienfaits du thé vert. Aucune étude clinique n’a encore testé cette hypothèse, et l’étude ne prouve pas de lien de causalité, car les données observationnelles ne permettent pas d’établir une relation directe de cause à effet. D’autres facteurs, comme des différences de mode de vie, d’alimentation ou de suivi parmi les buveurs de thé vert, pourraient avoir influencé les résultats. L’étude mentionne également que d’autres recherches, comme la cohorte espagnole PREDIMED-Plus, ont observé un déclin légèrement plus rapide de la filtration rénale chez les buveurs de thé. Les auteurs insistent sur le fait que le thé vert ne doit pas remplacer l’eau et que les extraits concentrés ne sont pas équivalents aux tasses mesurées dans l’étude. Pour les personnes souffrant de maladies rénales avancées ou suivant un régime pauvre en potassium, la quantité de thé vert consommée doit être discutée avec un professionnel de santé. L’étude reconnaît certaines limites, notamment le fait que les habitudes de consommation n’ont été déclarées qu’une seule fois au début de l’étude et n’ont pas été suivies sur la période de vingt ans. Par ailleurs, elle n’a comptabilisé que les décès où la maladie rénale était la cause principale, et non l’ensemble des décès liés aux reins. Pour préserver la santé rénale, les chercheurs soulignent que le contrôle de la tension artérielle et de la glycémie reste plus important que la consommation de thé. Ils recommandent également de limiter l’usage d’anti-inflammatoires sans avis médical et de surveiller la fonction rénale grâce à un simple test de créatinine lors des analyses sanguines annuelles.