Le gouvernement critique l'absence des grandes enseignes

Le gouvernement a exprimé sa déception face à l'absence des grandes enseignes de la distribution lors d'une première réunion consacrée aux prochaines négociations commerciales avec l'agro-industrie. La réunion, qui s'est tenue le lundi 2 novembre à Bercy, a réuni des représentants des secteurs de l'agriculture et du commerce, mais n'a accueilli aucun grand acteur de la distribution.

Une « politique de la chaise vide » critiquée

La « politique de la chaise vide » adoptée par les grandes enseignes lors de la première réunion préparatoire a été qualifiée de « regrettable », « décevante », « inutile », « contre-productive », « contradictoire », « surprenante » et « paradoxale » par l'entourage de deux ministres, Annie Genevard et Serge Papin. Cette stratégie a été mise en œuvre par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et par Lidl.

Des demandes des distributeurs déjà prises en compte

Le gouvernement juge la décision des distributeurs incompréhensible, dans la mesure où les « deux exigences fondamentales » qu'ils réclament ont déjà été intégrées à la loi d'urgence agricole adoptée cet été. Cette loi attend encore les textes d'application nécessaires à sa mise en œuvre complète.

Des différences de traitement déjà prévues

Les grandes enseignes insistent sur la nécessité de différencier le traitement des PME et des grandes multinationales, une distinction déjà prévue par la loi d'urgence agricole. La loi avance également au 31 janvier la date limite des négociations commerciales pour les entreprises dont le chiffre d'affaires mondial est inférieur à 350 millions d'euros.

La transparence, condition des révisions de prix

S'agissant de la « transparence » sur les coûts des matières premières agricoles, celle-ci constitue une condition à l'application des clauses de révision automatique des prix prévues par la loi. Ces clauses ont été approuvées à la fois par les entreprises de l'agro-industrie et par les grandes enseignes.

Le gouvernement refuse de réviser la loi Egalim

Le gouvernement écarte toute remise en cause des dispositions de la loi Egalim de 2022, qui permet aux industriels de déclarer l'évolution de ces coûts et de les faire certifier par un tiers indépendant. Il invoque le secret des affaires et le contexte parlementaire défavorable pour justifier cette position.

La réunion fait le point sur la hausse des coûts

Malgré l'absence des grandes enseignes, la réunion a permis une « évaluation des hausses de coûts exogènes » subies par les agriculteurs et les industriels en raison de la crise climatique et géopolitique. L'objectif était de s'assurer que l'inflation annoncée par les deux parties profite en priorité aux agriculteurs et aux PME.

Appel à un partage équitable de la valeur

L'entourage de Serge Papin et d'Annie Genevard a appelé à un « pacte de responsabilité pour un partage équitable de la valeur ». Une nouvelle réunion est prévue fin novembre ou début décembre afin d'engager des « discussions concrètes » fondées sur les conditions générales de vente que les industriels doivent présenter dans les prochaines semaines.