Un tunnel-canal est une structure souterraine conçue pour permettre aux bateaux de franchir une montagne plutôt que de la contourner. En Provence, entre Marseille et l’étang de Berre, une telle structure est restée inactive pendant plus de soixante ans sous la chaîne de l’Estaque. Il s’agit du tunnel du Rove, qui détient un record jamais égalé : celui du plus long tunnel-canal du monde, avec une longueur de 7 120 mètres. Cet exploit d’ingénierie, construit au début du XXe siècle, a été achevé en 1926 après une période de construction considérablement ralentie par la Première Guerre mondiale. Malgré ses dimensions impressionnantes et ses réalisations techniques, le tunnel n’a été utilisé que pendant environ quarante ans avant qu’un effondrement en 1963 ne le bloque définitivement.
Le tunnel du Rove est un tunnel-canal maritime creusé sous les montagnes de l’Estaque, reliant le port nord de Marseille à l’étang de Berre, une vaste lagune située dans les Bouches-du-Rhône. Son entrée sud se trouve dans le quartier des Riaux à Marseille, près de l’Estaque, tandis que son extrémité nord débouche à Marignane, près de l’étang de Bolmon. Le tunnel est parfaitement rectiligne, sans virage, et présente des dimensions de 22 mètres de large, 15 mètres de haut et 4 mètres de profondeur. Ces caractéristiques permettaient à deux péniches de 1 500 tonnes de se croiser à l’intérieur, une prouesse technique remarquable pour l’époque. Le tunnel a été construit par Léon Chagnaud, sénateur et entrepreneur, dans le cadre du projet du canal de Marseille-Rhône, qui visait à relier directement Marseille au fleuve Rhône sans passer par la mer.
La construction du tunnel du Rove a été un chantier colossal, mobilisant des milliers d’ouvriers, dont beaucoup ont travaillé dans des conditions difficiles et dangereuses. Les grèves et les accidents étaient fréquents, et les progrès ont été considérablement ralentis par la Première Guerre mondiale, qui a détourné des ressources et de la main-d’œuvre vers l’effort de guerre. Malgré ces défis, le tunnel a été achevé en 1926 et mis en service l’année suivante. Cependant, sa vie opérationnelle a été relativement brève, durant moins de quarante ans avant qu’un effondrement en 1963 ne mette fin à son utilisation. L’effondrement s’est produit dans une zone particulièrement instable de terrain marneux, créant un cratère de 15 mètres de profondeur à la surface et bloquant entièrement le tunnel.
Bien que l’effondrement ait marqué la fin de l’histoire active du tunnel, il n’était pas dû au coût des réparations. En réalité, les besoins économiques régionaux avaient évolué, rendant le tunnel superflu pour le trafic fluvial. L’expansion du Rhône et la croissance du port de Fos-sur-Mer ont réduit la nécessité du tunnel, et même s’il était resté intact, il aurait probablement fini par tomber en désuétude. Aujourd’hui, après plus de six décennies de silence, le tunnel du Rove pourrait trouver une nouvelle vocation. Un projet porté par le Gipreb et la Région Sud vise à rouvrir partiellement le tunnel pour permettre à l’eau de mer de s’y écouler, contribuant ainsi à restaurer l’écosystème fragile de l’étang de Berre. Cette transformation donnerait au tunnel une nouvelle fonction, celle de régulateur environnemental plutôt que de voie de navigation. Alors que le tunnel du Rove reste un témoin silencieux de son record mondial inégalé, son avenir pourrait lui offrir une utilité écologique.
Un tunnel-canal oublié détenant un record du monde en Provence
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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