La France reporte la réforme des retraites, permettant aux travailleurs âgés de partir plus tôt et stimulant le recours à la retraite progressive.
Suspension de la réforme Borne de 2023
La réforme Borne de 2023, qui visait à relever progressivement l'âge légal de départ à la retraite et à augmenter le nombre de trimestres cotisés nécessaires pour partir à taux plein, a été suspendue. Cette suspension a été décidée lors du vote du budget de la Sécurité sociale l'année dernière et a retardé la mise en œuvre de la réforme.Report des changements sur les retraites
Ce report repousse à janvier 2028 les évolutions liées à l'âge légal de départ et au nombre de trimestres cotisés. En conséquence, la génération née en 1964 peut désormais partir à la retraite à 62 ans et 9 mois, comme cela était prévu auparavant pour une génération antérieure, au lieu des 63 ans fixés par la réforme.Effet sur les demandes de départ à la retraite
Ce changement a entraîné une forte hausse des demandes de départ à la retraite. La Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav), qui couvre les salariés du secteur privé et les travailleurs indépendants, a fait état d'une hausse « très forte » des demandes cette année. De janvier à septembre, 46 000 attributions de retraite progressive ont été accordées, contre 22 000 sur la même période l'année précédente.La retraite progressive expliquée
La retraite progressive permet aux personnes âgées de 60 ans ayant cotisé 150 trimestres de travailler à temps partiel tout en percevant une partie de leur pension. Le montant de cette prestation est proportionnel au temps non travaillé. Cette option a longtemps été considérée comme marginale, mais elle a été renforcée par la réforme Borne de 2023.Obligations des employeurs et délais de traitement
La réforme a rendu la retraite progressive obligatoire pour les employeurs, qui ne peuvent plus refuser ces demandes, sauf pour des motifs légitimes. Malgré le grand nombre de demandes, les délais de traitement ne se sont pas dégradés, et plus de 95 % des assurés perçoivent leur pension à temps, selon Paul Bazin, le nouveau directeur de la Caisse nationale d'assurance vieillesse.