Les priorités de la numérisation au Congo fixées

Les autorités congolaises ont défini des priorités pour accélérer la numérisation des services publics. La réussite de ces efforts dépend largement de la capacité des organismes publics à partager des données selon des règles normalisées. Lors d'une réunion du comité de pilotage, le 15 octobre, plusieurs projets clés ont été identifiés, notamment la numérisation des actes de naissance et des dossiers judiciaires, l'amélioration de la fiabilité des dossiers des fonctionnaires, et la préparation de l'interopérabilité entre les services financiers et les services liés au foncier. Ces efforts devraient améliorer la collecte des recettes publiques et le contrôle des dépenses à partir de 2027.

Projet de gouvernance des données en cours

Un projet complémentaire de gouvernance des données est en cours d'élaboration. Des travaux sur l'échange d'informations entre les organismes publics sont prévus pour 2026, en collaboration avec la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA-ONU). En juin, la CEA-ONU a contribué à la réalisation d'une évaluation nationale de la gouvernance des données au Congo, suivie d'ateliers auxquels ont participé des représentants de 21 institutions. L'évaluation a mis en évidence des faiblesses dans la manière dont les différentes institutions partagent leurs données, dans les normes techniques et dans la coordination globale entre les organismes publics.

La Banque mondiale soutient la transformation numérique

Une stratégie nationale de gouvernance des données est en cours d'élaboration, s'appuyant sur une étude de la Banque mondiale réalisée en 2022 dans le cadre du Projet d'accélération de la transformation numérique (PATN). La Banque mondiale a souligné que des investissements numériques distincts, réalisés par différents organismes publics, avaient abouti à des systèmes qui fonctionnent mal ensemble et sont difficiles à élargir. Le programme PATN, financé par un prêt de 100 millions de dollars, comprend la numérisation des procédures, la connexion des systèmes d'information et le partage sécurisé des données publiques entre les organismes.

D'autres pays africains poursuivent des objectifs similaires

Le Congo n'est pas le seul pays à s'intéresser à ces questions. Le Rwanda a approuvé en mai 2025 une politique nationale de partage des données entre les institutions publiques, établissant un cadre commun pour l'échange d'informations tout en protégeant la vie privée. Au Ghana, le gouvernement met en place un centre national d'échange de données destiné à relier 48 registres publics. Le ministre chargé des Affaires numériques a déclaré que l'objectif est d'améliorer le partage d'informations et la planification des politiques publiques, même si le calendrier complet de mise en œuvre reste incertain.

L'interopérabilité repose à la fois sur les systèmes et sur les règles

Ces exemples mettent en lumière deux aspects essentiels de l'interopérabilité : l'infrastructure technique qui permet de partager les données et les règles qui encadrent ce partage. Les priorités annoncées le 15 octobre représentent un pas vers une meilleure coordination, mais l'impact réel dépendra du développement de systèmes interconnectés et de l'amélioration du fonctionnement des services publics.