La confiance des investisseurs dans l'IA s'effrite, la dette des centres de données suscitant le scepticisme, et les géants de la tech peinent à justifier leurs coûts d'infrastructure massifs.
Le secteur de l'IA confronté aux doutes des investisseurs
La confiance des investisseurs dans le secteur de l'intelligence artificielle diminue, car la dette des fournisseurs d'infrastructures d'IA et des « néoclouds » suscite le scepticisme. La valeur des obligations émises par les grandes entreprises technologiques américaines pour financer la construction de leurs centres de données à grande échelle a récemment baissé, un signe de inquiétudes croissantes quant à la santé financière du secteur.Les néoclouds et les entreprises technologiques en difficulté
Les néoclouds, une nouvelle catégorie de fournisseurs de services en nuage conçus pour l'ère de l'IA, connaissent également des difficultés. CoreWeave, l'une des entreprises de premier plan dans ce domaine, a vu la valeur de ses obligations chuter, et son action a perdu un tiers de sa valeur depuis début octobre. Son concurrent, Nebius, a subi un recul similaire. OpenAI a repoussé son introduction en bourse à 2027, invoquant les risques liés à la technologie. Firmus, une entreprise australienne de centres de données soutenue par Nvidia, a également annulé son projet d'introduction en bourse en raison d'un faible intérêt du marché.Des investissements massifs qui pèsent sur le marché
L'instabilité actuelle du marché de l'IA est alimentée par les énormes investissements consentis par les géants américains de la technologie pour construire des centres de données afin de répondre à la demande en puissance de calcul. Le coût de location d'une puce Nvidia B200 a plus que doublé en six mois, pour atteindre plus de six dollars de l'heure. Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle devraient consacrer 800 milliards de dollars aux infrastructures cette année, soit le double de leurs dépenses de l'année précédente. Pour financer ces dépenses, les entreprises émettent davantage de dettes, mais le marché se demande si ces investissements seront rentables.Inquiétudes du marché sur la croissance des revenus
Le 22 octobre, l'action de Meta a chuté de 7 % après que ses investissements ont dépassé ses revenus au troisième trimestre. L'économiste Stijn Van Nieuwerburgh estime que l'IA devrait générer 3 725 milliards de dollars de revenus annuels d'ici 2032 pour justifier ces investissements, ce qui représenterait environ 9,2 % du PIB américain à cette date. Or, les revenus actuels liés à la puissance de calcul ne s'élèvent qu'à environ 300 milliards de dollars, et le secteur devrait croître d'environ 45 % par an pendant sept ans pour atteindre cet objectif.Un ralentissement de la croissance des revenus suscite l'inquiétude
Les revenus tirés de l'IA progressent plus lentement que prévu, ce qui accroît l'anxiété des marchés. Lorsque OpenAI a annoncé un chiffre d'affaires annualisé de 50 milliards de dollars au lieu des 68 milliards attendus, plusieurs valeurs technologiques, dont Nvidia, ont reculé. L'économiste Noah Smith a fait remarquer que la croissance des revenus d'Anthropic a ralenti, son chiffre d'affaires annualisé ayant augmenté de moins de 50 % entre le deuxième et le troisième trimestre. Bien que cette croissance reste impressionnante, elle n'est plus aussi forte qu'auparavant.Des risques interdépendants dans l'écosystème de l'IA
La santé financière des grands groupes technologiques dépend du succès de leurs clients dans l'IA. Si des entreprises comme OpenAI et Anthropic peinent, les grands hyperscalers pourraient eux aussi connaître des difficultés. Cette interdépendance est encore compliquée par le fait que Nvidia investit dans ses propres clients, notamment Firmus, CoreWeave et OpenAI. La défaillance d'un maillon de cette chaîne pourrait avoir des conséquences financières plus larges. Toutefois, l'incertitude actuelle n'annonce pas encore un effondrement majeur du secteur de l'IA, même si les investisseurs suivent la situation de près.