Le milliardaire nigérian Aliko Dangote remporte une victoire juridique au Kenya pour sa raffinerie de 16 milliards de dollars, franchissant un obstacle dans le litige sur l'implication de l'État.
Recours juridique rejeté
Un tribunal kényan a rejeté un recours juridique contre les conditions de participation de l'État à la raffinerie du projet d'Aliko Dangote, levant ainsi un obstacle récent pour l'investissement du milliardaire nigérian. Le litige opposait la Consumers Federation of Kenya, qui réclamait davantage de transparence sur les engagements financiers et les garanties accordés par le gouvernement dans le cadre de ce projet.Demande du groupe de consommateurs rejetée
La Consumers Federation of Kenya (COFEK), une organisation de défense des consommateurs, avait demandé la communication de documents relatifs à l'implication financière et aux responsabilités de l'État kényan dans ce projet de raffinerie de 16 milliards de dollars. Toutefois, le comité chargé des recours liés aux partenariats public-privé (PPP) a jugé que le groupe n'avait pas prouvé que le projet relevait du cadre des PPP.Le gouvernement défend le caractère privé du projet
John Mbadi, ministre kényan des Finances, a affirmé que le projet est un investissement privé et non un partenariat public-privé. Il a précisé que le soutien de l'État serait apporté par les mécanismes généralement accessibles aux investisseurs privés remplissant certaines conditions, et que la raffinerie ne serait pas transférée à l'État à l'avenir.Le litige foncier se poursuit
Une procédure judiciaire distincte, engagée par 133 habitants de la région de Lamu qui revendiquent des droits fonciers affectés par le projet, a récemment été levée. Toutefois, le litige foncier reste à l'examen, ce qui indique que les contestations juridiques liées à la propriété foncière ne sont pas encore résolues.Envergure et localisation de la raffinerie
La raffinerie, dont la construction est prévue dans l'archipel de Lamu, sur la côte kényane de l'océan Indien, aura une capacité de traitement quotidienne de 700 000 barils de pétrole. Elle comprendra également des installations pétrochimiques et une centrale électrique de 1 000 mégawatts, selon les autorités kényanes.Financement et impact régional
Dangote Industries prévoit de financer le projet grâce à des ressources internes, à des émissions obligataires et à une introduction en bourse, bien que la répartition exacte des fonds n'ait pas été divulguée. La raffinerie s'inscrit dans le cadre du corridor de développement Lamu-Soudan du Sud-Éthiopie (LAPSSET), qui vise à réduire la dépendance de l'Afrique de l'Est aux carburants raffinés importés. Le projet devrait être achevé en 2030.