L’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) a publié l’édition 2026 de son Observatoire de l’Influence Responsable, qui analyse près de 25 000 contenus répartis dans quatre secteurs : les jeux d’argent, la finance, l’alimentation et la beauté. Le rapport compare les créateurs titulaires du Certificat ARPP d’Influence Commerciale Responsable à ceux qui ne l’ont pas, révélant des écarts sectoriels dans le respect des règles de transparence. Dans les jeux d’argent, 40 % des créateurs non certifiés ont enfreint les règles, contre 11 % des certifiés. En finance, l’écart est encore plus marqué : 38 % des non-certifiés ont contrevenu aux règles, contre 0 % des certifiés. Pour l’alimentation, le taux de violation était de 20 % chez les non-certifiés et de 14 % chez les certifiés, tandis que dans la beauté, ces taux s’élevaient respectivement à 14 % et 9 %. Le taux global de violation s’élève à 10 % pour les créateurs certifiés et à 18 % pour les non-certifiés, contre 13 % et 39 % dans l’édition 2025. Bien que l’ARPP souligne une amélioration, elle précise que la comparaison n’est pas directement transposable en raison des différences de secteurs étudiés en 2025. Les écarts observés ne permettent pas d’établir clairement l’impact de la formation, d’autant que le certificat reste facultatif et que la comparaison ne distingue pas le certificat d’un profil plus professionnel. L’ARPP ne publie pas la répartition exacte des contenus certifiés et non certifiés par secteur, et le chiffre de 0 % en finance pourrait s’expliquer par un faible nombre de contenus analysés. Chaque secteur présente des problématiques spécifiques. En finance, les manquements concernent souvent des liens vers des messages privés ou des formations, parfois assortis de promesses de rendements élevés, sans information suffisante sur les risques encourus. Dans la beauté, les résultats chiffrés d’essais et les allégations médicales, notamment sur l’acné ou la protection solaire, manquent souvent de détails. Pour les jeux d’argent, les principales infractions relèvent de l’absence de messages d’avertissement ou d’un placement incorrect du pictogramme « +18 ans ». En alimentation, le message sanitaire « mangerbouger.fr » est souvent absent ou incomplet, et les allégations santé non autorisées sont fréquentes. L’ARPP relève également des difficultés liées aux formats courts, comme les diffusions en direct ou les Stories, où les mentions obligatoires de partenariats commerciaux peuvent ne pas être visibles tout au long du contenu. En direct, la mention doit être clairement audible ou visible pendant toute l’échange, tandis que dans les Stories, la succession de clips peut dissocier la mention du contenu lui-même. L’ARPP suggère que la simplification des normes avec les pouvoirs publics pourrait faciliter leur application. L’identification des cadeaux, codes promo et affiliations reste un point flou, car tout contenu échangé contre une contrepartie est considéré comme une collaboration commerciale, quelle que soit sa nature. Les codes promo et liens d’affiliation ne sont pas toujours clairement indiqués, et des termes comme « cadeau » ou « collab » peuvent ne pas être compris par le grand public. Le certificat ARPP est désormais accessible par secteur, chaque cycle ajoutant des modules au certificat, qui nécessite la réussite à un examen. Au 30 septembre 2026, 2 677 créateurs avaient obtenu ce certificat. Des options sectorielles ont été lancées, comme l’option Beauté, développée avec la FEBEA, disponible depuis le 21 mai et suivie par 63 créateurs fin septembre. Une option Sport, créée avec l’INSEP, a accueilli 40 sportifs de haut niveau depuis le 29 juin. Une option Alimentation sera lancée en octobre, suivie d’une option Santé et Bien-être en novembre. Une option Alcool est prévue pour fin 2026 ou début 2027. Selon l’ARPP et France Pub, les investissements nets dans le marketing d’influence ont atteint 587 millions d’euros en 2025, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente. L’Observatoire 2026, réalisé par l’ARPP, a porté sur 6 589 contenus en finance, 7 719 en beauté, 3 656 dans les jeux d’argent et 6 893 en alimentation, tous publiés entre décembre 2025 et août 2026. Les manquements détectés par intelligence artificielle ont été vérifiés par les équipes de l’ARPP.