Un lac de 100 hectares à Raismes, né d'un affaissement minier, abrite 300 espèces d'oiseaux et fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Un lac inhabituel au cœur de la forêt
Dans la forêt de Raismes, dans le nord de la France, un lac de 100 hectares s'étend au milieu d'un sol de schiste noir, entouré de bouleaux aux troncs presque anormalement blancs. Ce paysage saisissant n'figurait sur aucune carte avant le XXe siècle. Il est né d'un accident industriel qui s'est depuis transformé en sanctuaire naturel.L'origine du lac
Le lac, connu sous le nom de Mare à Goriaux, s'est formé à la suite d'un affaissement minier commencé en 1916. Ce phénomène a créé trois mares qui ont fini par fusionner en 1930 pour former le lac. La zone est aujourd'hui une réserve biologique domaniale gérée par l'Office national des forêts et accueille près de 300 espèces d'oiseaux.L'histoire minière de la région
La Compagnie des mines d'Anzin, l'un des plus puissants exploitants de charbon du nord de la France au tournant du XXe siècle, a étendu ses activités à des zones jugées protégées, comme la forêt de Raismes-Saint-Amand-Wallers. Les mineurs travaillaient depuis le puits d'Arenberg à Wallers, creusant profondément pour extraire le charbon, ce qui a provoqué l'affaissement du sol et la formation progressive du lac.La formation du lac
Alors que le sol continuait de s'enfoncer en raison de l'évacuation des galeries souterraines, le terrain a permis aux eaux souterraines de remonter à la surface. Les trois mares se sont élargies et ont fusionné en 1930 pour former un seul plan d'eau. Afin d'empêcher l'eau de s'étendre davantage et de menacer les infrastructures voisines, un terril appelé digue d'Arenberg a été construit dans les années 1970.La transformation écologique
Ce qui avait commencé comme une blessure du paysage causée par l'exploitation minière est devenu un refuge pour la faune locale. Classée réserve biologique domaniale en 1982, la Mare à Goriaux est aujourd'hui un paysage unique, au contraste visuel saisissant entre l'eau, les bouleaux et la terre sombre du terril. Elle revêt une importance particulière à l'automne, lorsque les oiseaux migrateurs y font halte.Un impact régional plus large
La transformation de la Mare à Goriaux n'est pas un cas isolé. D'autres exemples existent dans la région, comme celui de Rieulay, où un ancien terril d'extraction de schiste a été transformé en réserve ornithologique et en base de baignade. Ces exemples montrent la capacité d'anciens sites industriels à renaître en espaces naturels protégés.Une reconnaissance nationale et internationale
La Mare à Goriaux fait partie du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette reconnaissance honore à la fois le passé industriel de la région et sa résilience écologique. Le site rappelle que l'activité humaine peut laisser des cicatrices durables dans le paysage, mais aussi que ces espaces peuvent être transformés en milieux naturels prospères.