Le sénateur Saïd Omar Oili a souligné, lors de la commission d’enquête publique sur le futur aéroport de Bouyouni, qu’une étude agricole, censée évaluer l’impact du projet sur les terres agricoles et les agriculteurs locaux, faisait défaut. Cette commission s’est tenue du 8 juin au 24 juillet. Le projet d’aéroport, piloté par la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC), prévoit la construction d’une piste sur environ 300 hectares de terrain entre Bouyouni et M’Tsangamouji, ce qui pourrait toucher quelque 100 agriculteurs. Omar Oili a fait part de ses inquiétudes quant au fait que l’étude agricole n’était pas disponible au moment où la population locale, les Mahorais, a été invitée à donner son avis sur le projet. Dans un courrier daté du 24 août, le préfet de Mayotte, Frédéric Poisot, a confirmé que l’étude n’avait pas encore été transmise à la Commission départementale de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), un organisme chargé d’examiner ces impacts environnementaux et fonciers. Le sénateur s’est également inquiété de l’absence de rapport public détaillant les compensations financières prévues pour les personnes affectées par le projet. Il a prévenu que cette lacune pourrait entraîner des recours juridiques, comparant la situation au cas de la station de dessalement Ironi Bé, dont le tribunal administratif avait suspendu le projet en raison d’erreurs de procédure. L’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) avait auparavant mis en garde contre l’accélération des procédures réglementaires, notant que le recours aux procédures d’urgence civile ne permet pas de gagner significativement du temps sur des projets d’envergure. Le 28 septembre, Omar Oili a adressé une lettre à Jean-Michel Laso, président des tribunaux administratifs de La Réunion et de Mayotte, pour savoir si l’absence de l’étude agricole pourrait affecter la légalité de la procédure d’approbation du projet. Il a insisté sur l’importance de la transparence et du respect des procédures pour éviter d’éventuels conflits juridiques à l’avenir.