Un nouveau livre de Raphaël Gallien explore la manière dont la folie était comprise et consignée dans la Madagascar coloniale, à partir de dossiers hospitaliers et de témoignages personnels.
Un nouveau livre explore la folie dans la Madagascar coloniale
Un nouveau livre de Raphaël Gallien, intitulé Perdre la raison. Folie et colonisation à Madagascar, publié par La Découverte en 2026, examine l'histoire de la folie dans les situations coloniales, en particulier à Madagascar. L'ouvrage repose sur des centaines de dossiers d'internement de l'hôpital d'Anjanamasina, ouvert en 1912 dans l'île.Le parcours universitaire de Gallien
Raphaël Gallien, chercheur au CNRS, contribue au champ d'études en plein essor sur l'histoire de la folie, notamment dans le cadre du projet de recherche européen « Une histoire de la folie en Afrique de l'Ouest », auquel il participe également. Son travail s'appuie sur les travaux existants tout en proposant de nouveaux éclairages à partir de sources malgaches.Sources et méthode
L'ouvrage mobilise des archives administratives, des correspondances familiales, des photographies et d'autres documents pour montrer comment le délire peut être considéré à la fois comme une source documentaire et comme un objet d'étude historique. Gallien retrace les dynamiques précoloniales de la société malgache ainsi que les fractures provoquées par la colonisation, en mettant en lumière des thèmes tels que la ségrégation des pavillons et le traumatisme de la conquête.Thèmes et études de cas
Le livre évoque également le désarroi des colons, les stigmates de l'insurrection de 1947 et de sa répression, ainsi que le cas de Joseph H., qui, en 1924, croyait être devenu une automobile. Gallien examine la manière dont la propagande coloniale autour de l'automobile au début du XXe siècle s'est heurtée à l'absence de routes, ce qui conduisait à ce que les voitures soient souvent poussées à bras d'homme, désignées sous le nom d'« anthropomobiles ».