Racines historiques du déni
Françoise Vergès, dans son livre L'économie de la mort, examine la manière dont les populations racisées ont historiquement été privées d'accès aux besoins fondamentaux, tels que l'eau potable, la nourriture et des conditions de vie sûres. Elle fait remonter ce schéma à la traite négrière, puis jusqu'à nos jours, et montre comment ces privations ont servi à humilier et à contrôler les communautés non blanches.Conditions dans un lycée français
Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, des élèves ont protesté contre de graves problèmes d'infrastructure, notamment des murs qui s'effondrent, la présence de rats et des coupures de courant. Ces conditions rendent difficile la satisfaction des besoins physiologiques élémentaires, comme manger, boire ou aller aux toilettes, ce qui met en lumière le manque de dignité de leur environnement d'apprentissage.Justifications racistes à travers le temps
Vergès explique que les États occidentaux ont longtemps recouru à une rhétorique raciste pour justifier la déshumanisation des populations non blanches. Cela inclut la restriction de l'accès à l'hygiène et à l'intimité, une pratique qui perdure aujourd'hui, comme le montrent les déclarations du ministre israélien de la Défense Yoav Gallant concernant le siège de Gaza en 2023.Division raciale et propreté
L'autrice note que l'association des corps non blancs à la saleté et à la maladie remonte à la traite négrière, au cours de laquelle les personnes réduites en esclavage étaient confinées dans des conditions comparables à celles des animaux. Cela a créé une fracture raciale entre le « propre » et le « sale », les colons revendiquant leur supériorité par leur contrôle de la propreté, un concept qui a persisté au fil du temps.Racisme environnemental et déchets
Le racisme environnemental prolonge cette fracture en permettant aux nations occidentales riches de déverser leurs déchets dans des régions plus pauvres, souvent dans le Sud global. Vergès soutient que cette pratique renforce l'idée d'un monde « propre » qui exploite un monde « sale », contribuant à la souffrance persistante des communautés marginalisées.Appel à politiser les besoins fondamentaux
Vergès affirme que la lutte pour les besoins fondamentaux, qu'il s'agisse des écoles ou des camps de réfugiés, doit être reconnue comme une lutte politique. Son livre, L'économie de la mort - Pour une politique des besoins fondamentaux, publié par La Fabrique en octobre 2026, appelle à repenser la manière dont ces besoins sont traités dans la société.