Le gouvernement français propose, selon un projet de décret, de réduire à 2 000 le nombre de ressources en eau protégées dans le cadre d’un programme national. Ce chiffre est bien inférieur aux 33 000 ressources en eau recensées en France, le décret ne désignant que 2 000 d’entre elles comme « prioritaires » pour des mesures de protection. La liste, publiée par le média Contexte, suscite l’inquiétude des associations environnementales et des collectivités locales chargées de la préservation de l’eau potable. Ce projet de décret, qui doit être présenté aux acteurs de l’eau le 12 octobre, s’inscrit dans une « feuille de route » plus large dévoilée en mars 2025. Pourtant, il est critiqué par les acteurs locaux pour son manque d’ambition, voire pour son caractère régressif. Il y a un an, le gouvernement prévoyait d’inclure jusqu’à 8 000 ressources en eau dans le programme, une approche bien plus large visant à prévenir la contamination plutôt qu’à se concentrer uniquement sur les zones les plus polluées. Les associations environnementales et les collectivités locales espéraient une stratégie plus inclusive, avec des actions volontaires sur un plus grand nombre de ressources en eau. Or, le gouvernement a choisi de se concentrer sur les sites les plus contaminés, où les taux de nitrates, de pesticides et de micropolluants dépassent 90 % des seuils légaux. Ce changement de cap vise à s’attaquer en priorité aux problèmes les plus urgents de qualité de l’eau. Le gouvernement justifie sa décision en soulignant que la nouvelle approche impose une obligation légale d’agir et permet aux autorités régionales, les préfets, d’appliquer des mesures de protection plus strictes si nécessaire. Si cela pourrait renforcer les contrôles, les critiques estiment que la réduction de l’ambition du programme laisse de nombreuses ressources en eau vulnérables à la pollution et ne répond pas au défi global de la protection de l’eau en France.