Eau de Paris s'inquiète du financement

La régie publique Eau de Paris a exprimé des inquiétudes quant au financement d'un nouveau cadre réglementaire, qui fait partie de la loi d'urgence agricole. Ces préoccupations ont été formulées à l'issue d'une réunion du groupe national sur les captages d'eau, au cours de laquelle Eau de Paris a souligné les problèmes potentiels du modèle financier proposé.

Critique de la répartition des coûts

Alice Timsit, présidente d'Eau de Paris, a déclaré que le modèle de financement proposé reporterait les coûts sur les factures d'eau des usagers et reposerait sur les agences de l'eau, elles-mêmes financées par les factures d'eau. Un rapport du Conseil d'analyse économique publié en janvier 2026 souligne que les redevances payées par les ménages représentent une part importante des budgets de ces agences.

Un changement de principe financier

Alice Timsit a critiqué le passage du « principe pollueur-payeur » à ce qu'elle appelle un « principe pollué-payeur ». Elle a fait valoir que les industries contribuant à la pollution de l'eau, comme les secteurs chimique et agroalimentaire, ne participent pas de manière adéquate au coût de la protection de la ressource.

Les agriculteurs font part de leurs inquiétudes

Les agriculteurs, représentés par les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA, ont également exprimé leurs réserves à l'égard des mesures proposées. Ils estiment que les projets en cours imposent des contraintes importantes à l'activité agricole, sans que leurs effets économiques, sociaux et productifs n'aient été pleinement évalués.

Cadre juridique pour les captages d'eau

Le projet de décret d'application de la loi d'urgence agricole impose d'agir sur les captages d'eau les plus dégradés. Selon une note du ministère de la Transition écologique, lorsqu'un captage dépasse 80 % des limites de qualité applicables à l'eau potable, la responsabilité incombe aux communes.

Mesures réglementaires et restrictions

Si un point de prélèvement présente « au moins deux dépassements de 90 % des normes de l'eau potable mesurées dans l'eau brute », il est classé « prioritaire » et peut faire l'objet d'une intervention du préfet. La loi adoptée cet été permet aux préfets de « limiter ou interdire certaines pratiques agricoles et l'utilisation d'intrants », tels que les produits phytosanitaires, ce qui a suscité l'inquiétude de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs.

Les captages d'eau potable en France

L'alimentation en eau potable de la population française est assurée par environ 32 900 captages, dont 96 % puisent l'eau dans les nappes souterraines. Ces captages fournissent les deux tiers du volume d'eau consommé dans le pays, même si leur nombre a fortement diminué au fil des années.

Un recul du nombre de captages

Entre 1980 et 2025, près de 14 640 captages d'eau potable ont été fermés. La principale raison invoquée (dans 31,9 % des cas) est la « dégradation de la qualité de la ressource en eau », selon les données administratives.