Les agriculteurs font face à de nouvelles restrictions sur l'eau

Le projet de décret réformant la gestion des prélèvements d'eau devrait affecter sensiblement les agriculteurs situés autour des sites de prélèvement prioritaires et des sites de prélèvement non exemptés, selon la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs.

Les organisations agricoles critiquent le décret

L'AGPB, l'Association générale des producteurs de blé, a réagi le 13 octobre, affirmant que le gouvernement impose de nouvelles contraintes sur les terres agricoles et fragilise les exploitations à travers les nouvelles règles.

Une nouvelle classification des sites de prélèvement

Le décret, qui met en œuvre la loi d'urgence agricole, introduit une nouvelle classification des sites de prélèvement d'eau. Une consultation sur le texte est prévue d'ici la fin octobre 2026, avec une publication définitive au plus tard en décembre 2026.

Un accent sur les zones à fort impact

Le décret devrait définir 1 400 sites de prélèvement d'eau prioritaires et 1 700 sites non exemptés. Les préfets seraient tenus de mettre en œuvre des actions strictes sur les zones contribuant aux prélèvements, concernant 2 à 4 % de la surface agricole utile de la France.

Des inquiétudes face à des règles contraignantes

La FNSEA et les Jeunes Agriculteurs qualifient les changements réglementaires de « particulièrement contraignants pour les agriculteurs ». Ils s'inquiètent des seuils déclenchant les restrictions et de l'absence de ciblage clair des mesures, ce qui, selon eux, pourrait entraîner une baisse de la productivité agricole.

Incertitudes sur le financement

Les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA s'interrogent sur la réalité des financements qui seront mobilisés pour accompagner les agriculteurs dans l'adaptation aux nouvelles règles de prélèvement d'eau, notant que les budgets agricoles existants, comme la PAC, ne peuvent pas être réaffectés pour couvrir ces coûts.

Coût estimé de la réforme

Le gouvernement estime le coût annuel total de la réforme entre 400 et 650 millions d'euros, le soutien au changement de pratiques agricoles devant coûter entre 180 et 330 millions d'euros par an, un montant qui augmenterait sur cinq ans pour les sites prioritaires.

Financement des zones non prioritaires

Pour les sites de prélèvement non exemptés situés en dehors des zones les plus contributrices, le coût de l'accompagnement des changements de pratiques agricoles est estimé à 100 à 200 millions d'euros par an, avec un financement qui devrait progressivement augmenter sur huit ans. Actuellement, seuls 210 millions d'euros sont mobilisés.