En France, les familles à faibles revenus sont plus touchées par le surpoids des enfants et consomment moins de produits frais, ce qui révèle de fortes inégalités de santé.
Alimentation des enfants et revenus
En France, des travaux de Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm, mettent en évidence un lien clair entre l'alimentation des enfants et le statut socioéconomique. Les résultats, présentés lors d'une conférence à Paris en juin 2026, révèlent que les familles à faibles revenus comptent davantage d'enfants en surpoids et consomment moins d'aliments frais que les foyers plus aisés.Le surpoids varie selon le revenu des familles
Chez les enfants de six ans et plus, l'écart de taux de surpoids est important. Une étude de 2015, baptisée Esteban, indique que 16 % des enfants issus de familles ouvrières étaient en surpoids, contre 7 % de ceux issus de familles de cadres. Les taux d'obésité suivaient un schéma similaire, avec 6 % dans le premier groupe et seulement 1 % dans le second.La consommation de fruits et légumes varie selon le revenu
En 2013, l'étude NutriNet-Santé a montré que les foyers à hauts revenus consommaient 50 % de fruits en plus que les foyers à faibles revenus. L'écart était de 30 % pour les légumes et doublait pour la consommation de poisson. Parmi les personnes bénéficiant d'une aide alimentaire, seules 6 % atteignaient l'objectif de cinq portions de légumes par jour, contre 28 % des adultes des groupes de revenus plus élevés.La consommation alimentaire augmente avec le revenu
Les graphiques issus de ces travaux montrent que la consommation alimentaire progresse à chaque niveau de revenu, depuis les foyers gagnant moins de 700 euros par mois jusqu'à ceux gagnant plus de 2 200 euros. Touvier souligne que cette tendance forme une corrélation presque parfaite, et affirme que ce schéma se vérifie pour tous les types d'aliments étudiés.Un appel à un meilleur accès à l'alimentation pour les groupes à faibles revenus
Touvier insiste sur le fait que le problème dépasse les choix individuels et appelle à repenser l'offre alimentaire accessible aux foyers à faibles revenus. Elle suggère qu'améliorer l'accès à des aliments nutritifs pourrait contribuer à réduire les inégalités de santé entre les classes sociales.