Une enquête révèle que 7 millions d'adultes français manquent parfois de nourriture, surtout les jeunes. Action contre la faim réclame une loi sur le droit à l'alimentation.
Une enquête met en lumière l'insécurité alimentaire en France
Une enquête menée par OpinionWay pour Action contre la faim et publiée le 12 octobre 2026 révèle que 13 % des adultes de France métropolitaine manquent parfois ou souvent de nourriture, soit environ 7 millions de personnes. En incluant les départements et régions d'outre-mer, où la pauvreté est plus élevée, ce chiffre pourrait avoisiner 7,2 millions, même si le nombre réel est probablement plus élevé en raison de conditions socio-économiques difficiles.Les jeunes adultes sont davantage touchés par l'insécurité alimentaire
Parmi les 18-24 ans, 25 % déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, ce qui témoigne d'une fracture générationnelle importante. Cette tranche d'âge est confrontée à l'instabilité économique, aux difficultés de logement et à la hausse du coût des produits de première nécessité. L'étude relève également que 39 % des Français ont suffisamment à manger mais renoncent à certains aliments qu'ils souhaiteraient consommer, une proportion de 47 % chez les jeunes adultes, en raison de contraintes budgétaires.Les difficultés financières sont la principale cause
Dans 80 % des cas, les problèmes financiers sont citées comme la raison principale de l'insécurité alimentaire. L'inflation, la stagnation des salaires et la hausse du coût de la vie réduisent la part du revenu consacrée à l'alimentation. L'Humanité souligne que cette situation reflète la progression de la pauvreté dans certaines régions de France, aggravée par les crises climatiques qui font grimper les prix agricoles et pèsent sur les ménages à faibles revenus.Le droit à l'alimentation n'est pas protégé par la loi en France
Bien que le droit à l'alimentation soit reconnu par le droit international depuis 46 ans, il n'est pas explicitement inscrit dans la législation française. Malgré cela, 73 % des personnes interrogées estiment que ce droit n'est pas réellement garanti en France. Par ailleurs, 86 % jugent indispensable une loi garantissant l'accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie.Les appels à une reconnaissance juridique se multiplient
En mars 2026, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a recommandé d'inscrire le droit à l'alimentation dans la Constitution française et d'adopter une loi-cadre pour en assurer la mise en œuvre. Pourtant, six mois plus tard, aucune action parlementaire n'avait été engagée. La plupart des personnes interrogées estiment que le gouvernement devrait agir en premier, suivi des entreprises agroalimentaires et des organisations de solidarité.Action contre la faim plaide pour une loi-cadre
Action contre la faim, qui lutte contre l'insécurité alimentaire en France, soutient l'adoption d'une loi-cadre sur le droit à l'alimentation. L'objectif est de définir des responsabilités claires pour l'État et les collectivités locales, de coordonner les politiques publiques et d'assurer un suivi sur le long terme. Hélène Quéau, directrice de la mission France d'Action contre la faim, affirme qu'une telle loi permettrait de passer d'actions isolées à une politique publique structurée.Des mesures proposées pour améliorer l'accès à l'alimentation
La loi proposée prévoit de rendre les cantines scolaires accessibles à tous les enfants, avec des tarifs adaptés aux revenus des familles, afin de garantir au moins un repas nutritif par jour aux enfants vulnérables. Elle vise également à améliorer l'accès aux produits frais dans les zones mal desservies et à encadrer l'industrie alimentaire pour promouvoir les produits sains. Les agriculteurs seraient soutenus afin de garantir des prix équitables et une agriculture durable.Une initiative européenne pour sécuriser le droit à l'alimentation
Action contre la faim encourage également les citoyens à signer une initiative citoyenne européenne visant à reconnaître le droit à l'alimentation. L'objectif est de recueillir un million de signatures d'ici le 7 janvier 2027, afin d'inciter la Commission européenne à envisager un cadre législatif. Cela pourrait faire pression sur les législateurs français, tant au niveau national qu'européen.La crise mondiale de la faim renforce l'urgence
Selon les Nations unies, 645 millions de personnes souffraient de la faim en 2025, soit 61 millions de plus qu'en 2019. Une personne sur trois dans le monde ne peut pas manger sainement, et la situation devrait s'aggraver en 2026 en raison des conflits, des catastrophes et des crises. La France, bien que pays développé, n'est pas à l'abri de ces tendances, avec une inégalité croissante et une alimentation qui devient un marqueur de la fracture sociale.