Des millions d'animaux élevés pour la chasse

En France, des millions d'animaux sont élevés spécifiquement pour la chasse, une pratique critiquée par des associations de protection animale. Des organisations comme Nos Viventia affirment que les conditions dans lesquelles ces animaux sont élevés sont inhumaines.

Des conditions décrites comme « infernales »

Pierre Rigaux, responsable de Nos Viventia, a enquêté sur plusieurs élevages intensifs et qualifie les conditions de « infernales ». Les animaux sont enfermés dans de minuscules cages, et les jeunes oiseaux se voient poser sur le bec des dispositifs en plastique pour éviter qu'ils ne se blessent eux-mêmes. Un exemple est celui de Cyrano, un faisan recueilli par l'herboriste François Roger de Loraille.

Une production annuelle destinée à la chasse

Nos Viventia affirme que plusieurs millions d'animaux sont produits chaque année en France pour la chasse, notamment des faisans, des perdrix, des canards, des lapins, des lièvres, des cerfs et des sangliers. Les dernières données nationales, datant de 2013-2014, estimaient que trois millions de faisans avaient été tués à la chasse, la plupart provenant d'élevages.

Un élevage pensé pour l'apparence et la vigueur

Pierre Rigaux soutient que le processus d'élevage consiste à entasser les animaux pour obtenir des oiseaux suffisamment robustes pour paraître sauvages. Les éleveurs doivent vendre des oiseaux qui semblent en bonne santé, car un éleveur de poulets ne se soucierait pas de produire des oiseaux incapables de tenir debout.

Des préoccupations écologiques soulevées

La pratique consistant à relâcher dans la nature des animaux d'élevage suscite des inquiétudes écologiques. Une étude de 2018 publiée dans le Journal of Applied Ecology a mis en lumière des risques tels que la propagation de maladies et la concurrence avec les espèces sauvages. Une étude de 2023 parue dans Communications Biology a montré que les canards élevés en captivité modifient le patrimoine génétique des populations sauvages, en particulier en Europe centrale.

Critiques des pratiques de chasse

Pierre Rigaux critique cette pratique qu'il juge issue d'une vision « archaïque » de la nature, estimant que la biodiversité devrait être gérée pour permettre à la vie de s'épanouir en équilibre, et non pour la chasse de loisir. Si certains chasseurs doutent que tirer sur des faisans d'élevage relève réellement de la chasse, le lobby de la chasse reste uni pour défendre ces élevages.

Appel à la fermeture des élevages

Nos Viventia demande désormais aux ministres chargés de l'Écologie et de l'Agriculture de fermer ces élevages et d'interdire la création de nouveaux, en invoquant les conditions inhumaines et les risques écologiques qu'ils impliquent.