Un mur de 195 kilomètres de long dans le nord de l'Iran, le mur de Gorgan, a été construit par l'Empire sassanide au Ve siècle de notre ère, et non par Alexandre le Grand comme on le pensait auparavant.
Le mur de Gorgan daté de l'époque sassanide
Un mur de 195 kilomètres de long dans le nord de l'Iran, connu sous le nom de mur de Gorgan, a été daté de manière certaine du Ve siècle de notre ère, ce qui révèle qu'il a été construit par l'Empire sassanide et non attribué à Alexandre le Grand, comme on le pensait jusqu'alors.Les méthodes de datation confirment une construction sassanide
Cette conclusion a été obtenue grâce à deux méthodes de datation indépendantes, la datation au carbone 14 et la luminescence stimulée optiquement, appliquées aux briques, aux céramiques et aux sédiments du site. Le mur, accompagné d'environ trente forts et de systèmes hydrauliques, a vraisemblablement été bâti sur plusieurs décennies, sous les règnes de Yazdgard II et de Peroz Ier.L'attribution ancienne à Alexandre manquait de preuves
Pendant des siècles, le mur de Gorgan a été associé à Alexandre le Grand en raison de sa taille imposante et de l'absence de preuves textuelles explicites, ce qui lui a valu le surnom de « mur rouge ». Cette attribution, toutefois, ne reposait sur aucune preuve tangible et freinait une analyse archéologique rigoureuse. L'absence d'inscriptions ou de monnaies sur le site a contribué à l'incertitude entourant ses origines, les hypothèses antérieures allant des Parthes au roi sassanide Peroz Ier.Une étude confirme une construction au Ve siècle
Une étude menée entre 2005 et 2009 par une équipe comprenant Eberhard Sauer, Hamid Omrani Rekavandi, Tony Wilkinson et Jebrael Nokandeh, publiée dans Persia's Imperial Power in Late Antiquity, a fourni la datation décisive. La datation au carbone 14 a porté sur des fragments de charbon de bois provenant de fours situés à proximité du mur, tandis que la luminescence stimulée optiquement a mesuré le temps écoulé depuis la dernière exposition des matériaux à la lumière du jour, faisant office d'horloge interne pour les briques et les sédiments. Ces méthodes situent la construction au Ve siècle de notre ère, avec un abandon entre 612 et les années 650, qui coïncide avec la conquête islamique de la région.L'Empire sassanide avait les moyens de grands projets
L'Empire sassanide, qui a dominé une grande partie du Moyen-Orient du début du IIIe siècle au milieu du VIIe siècle, disposait de la capacité administrative et militaire nécessaire pour mener à bien un projet d'une telle ampleur. La construction du mur de Gorgan et de ses infrastructures associées, notamment les complexes fortifiés et les réseaux de canaux, a vraisemblablement duré plusieurs décennies et impliqué plusieurs souverains. Le dispositif défensif, avec ses trente forts, visait à protéger les frontières septentrionales de l'empire contre les incursions nomades.Le mur de Gorgan reconnu comme une prouesse d'ingénierie sassanide
Cette découverte a fait évoluer la compréhension du mur, d'un ouvrage légendaire lié à Alexandre vers une réalisation d'ingénierie sassanide majeure. Le mur de Gorgan est désormais envisagé pour une inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, ce qui souligne son importance historique et architecturale.