Dans les forêts denses des régions montagneuses d’Asie de l’Est, les Typhlomys cinereus, ou loirs pygmées de Chine, se déplacent le long des branches et sur le sol à la recherche de nourriture, comme des baies, des graines et des insectes. Ces minuscules créatures sont presque aveugles, mais une étude publiée en 2021 dans la revue Science a révélé qu’elles utilisent l’écholocation pour s’orienter dans leur environnement. Elles émettent des couinements aigus et s’appuient sur les échos qui leur reviennent des objets environnants pour cartographier leur environnement et se déplacer en toute sécurité.
Des études antérieures avaient suggéré que les loirs pygmées du Vietnam, une espèce apparentée, pourraient également utiliser l’écholocation. Cependant, cette étude est la première à combiner plusieurs sources de données pour confirmer que les quatre espèces du genre Typhlomys partagent cette capacité. Peng Shi, autrice principale de l’étude et chercheuse à l’Institut de zoologie de Kunming en Chine, a indiqué que cette découverte a surpris l’équipe. « Nous ne nous attendions pas à ce que toutes les espèces du genre possèdent cette capacité », a-t-elle déclaré.
L’écholocation a été bien documentée chez deux groupes de mammifères : les chauves-souris et les cétacés, comme les baleines et les dauphins. Certaines preuves suggèrent également que les musaraignes et les tenrecs, de petits mammifères que l’on ne trouve qu’à Madagascar, pourraient utiliser l’écholocation. Selon Mme Shi, cette capacité aurait évolué de manière indépendante dans cinq lignées mammaliennes différentes. Certains oiseaux, comme le salangane de l’Inde (Steatornis caripensis) et le guacharo, utilisent également une forme plus simple d’écholocation.
En 2016, Aleksandra Panyutina, biologiste à l’Institut Severtsov d’écologie et d’évolution de Moscou, a démontré que les loirs pygmées du Vietnam pouvaient éviter les obstacles dans l’obscurité. Elle a enregistré leurs cris, dont la fréquence et le rythme étaient similaires à ceux des chauves-souris utilisant l’écholocation. Cependant, elle a noté que la tâche était difficile. « Je n’avais pas l’équipement adéquat pour enregistrer ces signaux, car mon détecteur de chauves-souris n’était pas assez sensible pour capter les sons faibles émis par ces rongeurs », a-t-elle expliqué. Panyutina a collaboré avec Ilya Volodin, biologiste à l’Université d’État de Moscou, pour étudier plus en détail les vocalisations et la structure oculaire des loirs. Ils ont découvert que ces animaux ont des yeux très petits, avec peu de cellules photoréceptrices, ce qui suggère une vision médiocre.
Dans l’étude récente, Mme Shi et son équipe ont capturé quatre espèces de loirs pygmées dans les montagnes de Chine. Chaque espèce ne mesure que quelques centimètres de long et possède une fourrure brun-gris. Les chercheurs ont testé les capacités d’écholocation des animaux dans une obscurité totale. Ils ont observé que les loirs émettaient davantage de cris ultrasoniques et plus fréquemment dans des environnements encombrés que dans des espaces ouverts. Les animaux étaient également capables de traverser des trous étroits dans une planche en bois après avoir émis une série de couinements. Lorsque les scientifiques ont placé des bouchons d’oreille sur les loirs et répété l’expérience, les animaux n’ont pas pu trouver leur chemin et ont émis moins de cris.
Les chercheurs ont également comparé les structures squelettiques des loirs à celles des chauves-souris utilisant l’écholocation. Ils ont découvert des similitudes surprenantes dans la région pharyngienne, où les cris sont produits, ainsi que dans la fusion de certains os près des oreilles. Ces caractéristiques anatomiques sont également présentes chez les chauves-souris. Rebecca Whiley, chercheuse à l’Université de York qui n’a pas participé à l’étude, a expliqué que ces similitudes suggèrent une homoplasie, ou évolution convergente, où des espèces non apparentées développent indépendamment des traits similaires. Les auteurs de l’étude estiment que ces caractéristiques aident les loirs à mieux traiter leurs signaux émis et à les comparer aux échos qu’ils reçoivent, leur offrant une représentation mentale plus claire de leur environnement.
Les chercheurs ont également séquencé le génome des loirs pygmées de Chine et l’ont comparé à celui des dauphins et de deux espèces de chauves-souris. Ils ont relevé de nombreuses similitudes dans les gènes liés à l’audition, qui ne peuvent être attribuées au hasard. Ils ont également constaté que le principal gène responsable de la vision était absent chez les trois espèces de loirs, ce qui renforce l’idée que ces animaux ont une mauvaise vue. Mme Shi et son équipe continuent d’étudier ces rongeurs et leurs proches parents, soupçonnant que d’autres espèces du genre restent à découvrir. Ils pensent également que d’autres animaux en dehors de ce genre pourraient avoir la capacité de se déplacer dans l’obscurité en utilisant l’écholocation. « Notre étude montre qu’il existe une biodiversité bien plus grande en matière de traits adaptatifs que nous ne l’imaginions », a déclaré Mme Shi. « Nous sommes presque certains que nous découvrirons de nombreux autres animaux utilisant l’écholocation. »
Les Pygmées de Chine utilisent l'écholocation pour se déplacer dans l'obscurité
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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