Cinq organisations plaident pour que la santé des sols devienne une priorité

Cinq organisations ont lancé le 2 novembre une initiative commune visant à faire de la santé des sols une « priorité nationale » en France. Baptisée « pacte », cette initiative vise à peser sur les débats politiques à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Les organisations concernées sont Apad, Base, Bleu-Blanc-Cœur, Earthworm Foundation et Pour une Agriculture du Vivant. Elles souhaitent placer les pratiques de conservation des sols au cœur du débat politique et façonner les politiques futures.

Quatre grands objectifs

Les organisations ont défini quatre engagements principaux. Premièrement, elles veulent que la régénération et la conservation des sols deviennent une « priorité de politique publique » et un « objectif stratégique ». Elles souhaitent également intégrer ces pratiques dans le Code rural et de la pêche maritime. Un deuxième objectif est la création d'un observatoire français de la santé des sols agricoles, en cohérence avec la directive européenne sur la surveillance des sols. Cet outil permettrait de construire une compréhension commune de la santé des sols entre les différents acteurs.

Mettre l'accent sur la formation et le partage des risques

Le troisième engagement porte sur la formation agricole. Les organisations souhaitent que les pratiques de régénération des sols constituent un « socle prioritaire » du plan « Enseigner à produire autrement ». Le quatrième engagement concerne le partage des risques financiers auxquels sont exposés les agriculteurs qui opèrent cette transition. Elles proposent de mobiliser les « plans pluriannuels de transition prioritaire » issus de la loi d'orientation agricole pour financer ces transitions, et suggèrent la mise en place d'un mécanisme de couverture des pertes liées à ces changements, cofinancé par l'État, les filières et les assureurs.

Vision à long terme et soutiens

Les cinq associations visent à faire de la France une « référence européenne » en matière de régénération et de conservation des sols d'ici 2035. Elles estiment que les cinq prochaines années seront déterminantes pour mettre en œuvre la directive européenne sur la surveillance et la résilience des sols, prévue pour 2028, ainsi que pour exécuter les « plans pluriannuels de transition prioritaire ». Des experts et des agriculteurs, notamment le biologiste Marc-André Sélosse et l'agriculteur Frédéric Thomas, fondateur de Techniques Culturales Simplifiées, ont apporté leur soutien à cette initiative. Les organisations appellent désormais les candidats à l'élection présidentielle de 2027 à prendre des « engagements concrets » sur ces quatre priorités afin de faire progresser la régénération et la conservation des sols dans tout le pays.