Les pharmaciens en France testent une nouvelle approche de détection du cancer de la peau par télé-expertise, en collaboration avec des oncologues pour identifier les lésions suspectes.
Les pharmaciens dépistent le cancer de la peau en France
Des pharmaciens de la région Auvergne-Rhône-Alpes participent à une expérimentation baptisée ScopiPharma, qui vise à détecter des lésions cutanées potentiellement cancéreuses en officine et à les relier à des consultations médicales spécialisées par téléexpertise. Le projet est mené par l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens d'Auvergne-Rhône-Alpes et le centre de référence en oncologie Léon Bérard.L'expérimentation repose sur des pharmaciens formés et une communication sécurisée
Cette initiative, soutenue par l'agence régionale de santé et les laboratoires Pierre Fabre, a impliqué 33 pharmaciens issus de quatre départements au cours de l'année 2025. Ces pharmaciens faisaient partie de structures d'exercice coordonné, comme les maisons de santé pluriprofessionnelles ou les communautés professionnelles territoriales de santé. Ils ne réalisent pas de contrôles cutanés de routine, mais répondent aux inquiétudes des patients ou repèrent des lésions lors d'actes sans lien direct, tels que des vaccinations ou des soins orthopédiques.Le processus comprend l'imagerie et une transmission sécurisée aux spécialistes
Lorsqu'un pharmacien repère une lésion suspecte, il vérifie l'éligibilité du patient avec un médecin traitant ou un professionnel de la structure coordonnée. À l'aide d'un dermatoscope, le pharmacien capture des images de la lésion et les envoie de manière sécurisée à un centre d'oncologie. Ce centre décide ensuite s'il faut demander une biopsie ou une exérèse, et les résultats sont transmis au médecin traitant et au pharmacien via une messagerie de santé sécurisée. Le pharmacien ne pose pas de diagnostic et n'informe pas directement le patient.Les pharmaciens suivent une formation et sont rémunérés
Les pharmaciens participants ont dû suivre un programme de formation rigoureux, comprenant un test final portant sur 40 cas cliniques. Ils ont également bénéficié d'une aide financière pour l'achat d'un dermatoscope professionnel, et chaque téléexpertise a été rémunérée 15 euros. Les résultats de l'expérimentation seront examinés sur le plan scientifique et pourraient aboutir à une mission de santé formalisée. Les chercheurs comparent le taux de détection des lésions en officine à celui des cabinets de médecine générale.Les appels à la prudence rejoignent les objectifs de l'expérimentation
En 2025, des sociétés savantes, des associations de patients et l'Ordre national des pharmaciens ont appelé à la prudence concernant la téléexpertise dermatologique en officine, en insistant sur la nécessité d'un encadrement médical approprié et d'une intégration dans le système de santé. Ces préoccupations rejoignaient les objectifs de l'expérimentation ScopiPharma, renforçant la conviction que cette approche pouvait être valable et efficace.