Après le retrait de son B-707 La Reina del Espectro et l’échec de son projet de remplacement par un Gulfstream G550, en raison de contraintes budgétaires, l’armée de l’Air espagnole a vu ses capacités de collecte et d’analyse du renseignement d’origine électromagnétique (ROEM) fortement diminuer. Ce type de renseignement, actuellement limité à la charge utile SOAR fournie par l’entreprise américaine L3Harris et utilisée sur les drones MALE MQ-9A Reaper, est désormais au cœur du programme Santiago II, lancé pour restaurer ces capacités.
En 2023, le groupe espagnol Indra, spécialisé dans l’électronique de défense, avait proposé au ministère de la Défense d’équiper un avion d’affaires Challenger 350, produit par le constructeur canadien Bombardier, de capteurs « maison » afin de le transformer en plateforme de renseignement électronique aéroporté. Ce système aurait permis d’intercepter les communications (COMINT) et de détecter la présence de radars. Cependant, en décembre, Madrid a demandé à Indra et à Airbus Defence & Space de mener une étude visant à identifier la plateforme et les capteurs les plus adaptés pour une solution nationale basée sur trois appareils capables de détecter, classer et identifier des cibles d’intérêt. Doté d’un budget de 16 millions d’euros, le projet devait durer dix-huit mois. Bien que l’étude soit toujours en cours, le choix de la plateforme a déjà été arrêté.
Selon le magazine officiel Revista de Aeronáutica y Astronáutica, repris par le site spécialisé InfoDefensa, l’armée de l’Air espagnole a retenu l’Airbus A321 comme plateforme. La version exacte de l’appareil n’a pas été précisée. Quatre modèles sont en lice : l’A321ceo (pour Current Engine Option), l’A321neo (doté d’une autonomie de 7 400 km), l’A321LR (mêmes caractéristiques, mais avec des réservoirs supplémentaires) et l’A321XLR, capable de parcourir 8 700 km. Ce dernier modèle, choisi par la Direction générale de l’armement (DGA) française pour le développement du futur avion de patrouille maritime de la Marine nationale, semble être le favori pour le programme Santiago II.
Airbus a souligné son « expérience approfondie dans la conversion d’avions civils en avions militaires », citant notamment l’A330 MRTT comme exemple. InfoDefensa relève que l’avantage principal d’une plateforme de la taille de l’A321 réside dans l’espace disponible pour l’installation du système de mission. En effet, un avion de renseignement électronique nécessite bien plus que des antennes externes : il doit intégrer des récepteurs, des processeurs, des systèmes de stockage, des liaisons de communication, des postes opérateur, du matériel de navigation, des systèmes d’autoprotection et une architecture de mission capable de traiter et de corréler de grands volumes d’informations.
D’après les documents budgétaires espagnols, le coût des trois futurs A321 « SIGINT » (pour Signal Intelligence) est estimé à 436 millions d’euros.
L'Espagne avance avec un avion SIGINT basé sur l'A321 pour le programme Santiago II
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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