Un champignon asiatique introduit aux États-Unis

Au début du vingtième siècle, un champignon originaire d'Asie a été introduit aux États-Unis par le biais de châtaigniers japonais importés, entraînant la quasi-extinction du châtaignier américain, une espèce qui constituait autrefois jusqu'à un quart des forêts des Appalaches.

Un champignon observé pour la première fois en 1904

Ce champignon, connu sous le nom de Cryphonectria parasitica, a été observé pour la première fois en 1904 au zoo du Bronx, où le forestier Herman W. Merkel a remarqué des symptômes sur des châtaigniers japonais, notamment une écorce fendue et des branches flétries. Le champignon était très probablement arrivé aux États-Unis avec les châtaigniers japonais importés, qui avaient développé une résistance naturelle à cet agent pathogène.

Le châtaignier américain ne disposait d'aucune immunité

Le châtaignier américain, Castanea dentata, n'avait jamais été exposé à ce champignon et était incapable de se défendre. Le champignon pénètre dans l'écorce par des blessures ou des fissures naturelles, formant des chancres qui étranglent le tronc ou les branches, coupant la circulation de la sève et entraînant la mort de la partie supérieure de l'arbre.

Un impact dévastateur sur les forêts américaines

En moins de cinquante ans, l'ensemble de l'aire de répartition du châtaignier américain avait été contaminé, et en 1940, presque tous les arbres adultes avaient disparu. On estime que trois à quatre milliards d'arbres ont péri, faisant de cet épisode l'une des catastrophes écologiques les plus dévastatrices de l'histoire de la foresterie américaine.

Le châtaignier américain n'est pas totalement éteint

Malgré la quasi-disparition des arbres adultes, le châtaignier américain n'est pas totalement éteint. Des souches de ces arbres subsistent encore dans le sous-bois des Appalaches et produisent chaque année de nouveaux rejets. Cependant, ces rejets sont généralement recontaminés par le champignon avant d'atteindre l'âge adulte, empêchant ainsi l'espèce de se régénérer.

La recherche offre un espoir de rétablissement

Des chercheurs explorent une approche de lutte biologique fondée sur un virus hypovirulent, le CHV-1, qui infecte le champignon et réduit sa virulence, ce qui pourrait permettre aux jeunes châtaigniers de survivre et d'atteindre la maturité. Cette méthode offre une lueur d'espoir pour un retour progressif du châtaignier américain à sa place dominante d'autrefois dans la région.