Alors que la marche des fiertés LGBTQIA+ se déroule à Paris ce samedi, la journaliste Élodie Potente s’interroge dans son livre Fiertés des champs. Habiter, résister et aimer loin des métropoles sur l’existence de ces événements dans les zones rurales. Publié ce vendredi, son ouvrage explore les expériences des personnes queer et des habitants des campagnes, doublement marginalisés. Potente, journaliste indépendante et lesbienne installée dans les Pyrénées-Orientales, souligne que les marches des fiertés ne se limitent pas à la capitale. Des initiatives comme le festival Queers des champs, organisé à Bram (Aude) les 26 et 27 septembre, montrent que les célébrations de la Pride ont aussi lieu en milieu rural. Ces rassemblements permettent aux participants de contester les stigmates associés aux étiquettes de « plouc » et de « queer ».
Les territoires ruraux sont souvent ignorés par les médias, leurs récits, cultures et histoires restant largement invisibles. Emma Conquet, une collègue de Potente, utilise le terme de « regard urbain » pour décrire la perception biaisée que les citadins ont de la campagne. Ce biais contribue à occulter l’histoire queer rurale, comme l’existence de communautés lesbiennes gérant des terres dès les années 1970. Faire son coming out en milieu rural peut s’avérer particulièrement difficile, les représentations de soi étant rarement visibles dans les médias dominants.
Des mots comme « ploucs » ou « pédérastes » sont des stigmates fréquemment entendus à la campagne, renforçant le sentiment d’être « l’autre ». Ces termes, tout comme celui de « queer », autrefois insulte désignant ce qui est « bizarre » ou « en marge », ont été réappropriés par les communautés LGBTQIA+. Si des mots comme « pédéraste » ou « traînée » sont encore utilisés comme insultes, les milieux ruraux et queer choisissent de se les réapproprier pour en faire des emblèmes de fierté. Pour beaucoup, ces événements ne sont pas seulement des célébrations, mais aussi des espaces de résistance politique et d’émancipation, offrant un sentiment d’appartenance et de visibilité.
Les marches des fiertés rurales sont souvent plus militantes que leurs équivalents urbains, offrant un espace où les personnes queer se sentent vues et soutenues. La nature y joue un rôle libérateur, permettant d’échapper aux rôles et attentes sociales. La poétesse Léa Rivière écrit ainsi : « Je ne suis pas trans dans la forêt parce que personne ne me regarde », illustrant le refuge que peuvent représenter les espaces ruraux. Potente fait partie du collectif La Claque, qui réinvente la randonnée comme un espace de rencontre pour les personnes queer et leurs alliés, en lien avec la nature et entre elles.
Vivre en milieu rural comporte des défis spécifiques, comme des mobilités limitées ou un accès restreint aux services publics. Elsa, une personne transgenre, a par exemple parcouru plus de dix mille kilomètres entre son village de l’Aveyron et Toulouse pour accéder à des soins. Malgré ces obstacles, les campagnes ne sont pas uniformément conservatrices ou réactionnaires. Certaines régions, comme la vallée de la Drôme, sont dynamiques sur le plan culturel et associatif, tandis que d’autres, comme le Comminges en Haute-Garonne, affrontent des difficultés majeures. Ces communautés œuvrent souvent pour préserver leur culture locale et résister à des tentatives d’appropriation par des groupes politiques comme le Rassemblement national.
Les personnes queer rurales s’appuient sur un langage commun et des expériences partagées pour tisser des liens avec leurs voisins. Gabriel, une personne transgenre évoquée dans le livre de Potente, entame des conversations sur l’entretien des jardins avant d’aborder son identité, illustrant l’importance de trouver des points d’ancrage. Des artistes comme Laurie, qui réalise des sérigraphies en occitan, utilisent les langues régionales pour exprimer leurs identités et se connecter à leur communauté. Ces initiatives reflètent la résilience et la créativité des personnes queer rurales, qui continuent de survivre, de vivre et d’innover malgré les défis qu’elles rencontrent.
Les communautés LGBTQIA+ rurales soulignent leur double marginalisation lors des événements de la Pride
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Vert



