Limites de la téléconsultation dans le cadre de la convention médicale

Une convention médicale du 4 juin 2024 limite à 20 % la part de l'activité d'un médecin pouvant être réalisée à distance, avec une exception de 40 % pour les psychiatres. Cette règle vise à faire en sorte que les consultations en présentiel restent au cœur de la pratique médicale.

La justice écarte l'application des limites aux salariés de la téléconsultation

Dans une décision du 30 juillet 2026, le tribunal judiciaire de Reims a jugé que la limite de 20 % pour le travail à distance ne s'applique pas aux médecins employés exclusivement par des sociétés de téléconsultation. Le tribunal a estimé que cette règle ne s'appliquait pas à un médecin généraliste retraité qui travaillait uniquement pour une telle société.

Un raisonnement juridique qui exclut les salariés exclusifs de la téléconsultation

La décision du tribunal repose sur deux points. Premièrement, la convention exclut explicitement de son champ d'application les « salariés exclusifs exerçant dans une société de téléconsultation ». Deuxièmement, le tribunal a interprété un paragraphe précis de la règle comme ne s'appliquant qu'à ceux qui disposent également d'un cabinet médical distinct, et non à ceux qui travaillent exclusivement à distance.

Une ambiguïté juridique subsiste dans le texte de la convention

L'interprétation du tribunal s'appuie sur certains textes juridiques, le Code de la santé publique prévoyant des dérogations dans certains cas. Toutefois, la formulation même de la règle manque de clarté, ce qui laisse place au débat : s'applique-t-elle à l'ensemble des salariés de la téléconsultation ou seulement à ceux qui exercent une activité mixte ?

Les médecins retraités peuvent toujours demander des dérogations

La décision n'affecte pas la possibilité, pour les médecins retraités, de demander des dérogations. Selon la convention, les dérogations, y compris pour les médecins retraités, peuvent être accordées par le Conseil national de l'Ordre des médecins, indépendamment de l'interprétation retenue par le tribunal.

Les règles déontologiques insistent sur les soins en présentiel

Le Conseil national de l'Ordre des médecins continue de souligner que la téléconsultation doit compléter les soins médicaux en présentiel, et non les remplacer. Les nouvelles règles exigent également que les médecins utilisant des outils numériques garantissent des soins sûrs et de haute qualité, conformément aux recommandations officielles.

Le jugement soulève des questions sur la clarté juridique à venir

La décision du tribunal de Reims a suscité un débat sur l'interprétation de dispositions juridiques précises. Si elle n'établit pas de droit à une pratique entièrement à distance, elle met en évidence la nécessité de clarifications juridiques ou réglementaires supplémentaires, tant pour les médecins que pour les plateformes de téléconsultation.