Grève du personnel de l'hôpital de Martigues contre la baisse des salaires et les conditions de travail, perturbant les opérations chirurgicales et touchant des salariés vulnérables comme les mères célibataires.
L'ensemble du personnel du bloc opératoire en grève
L'ensemble du personnel du bloc opératoire du Centre hospitalier de Martigues est en grève, y compris les infirmiers de bloc opératoire (IBODE), les infirmiers diplômés d'État (IDE), les infirmiers anesthésistes (IADE), les aides-soignants (AS) et les agents des services hospitaliers (ASH). Selon Manon Breteau, IBODE à l'hôpital et membre du Collectif Inter-Blocs (CIB), les seuls membres du personnel absents de la manifestation étaient ceux chargés d'assurer l'activité des salles d'opération.Une grève déclenchée en juillet sur fond de conditions de travail
Le mouvement de grève remonte à plusieurs mois. Il a débuté en juillet, à la suite de mesures introduites par la direction de l'hôpital que le personnel estime dégrader ses droits et ses conditions de travail. Les négociations entre le personnel et la direction n'ont « abouti à rien ».Des changements qui touchent la rémunération des travailleurs à temps partiel
Le cœur du conflit tient à plusieurs mesures prises par la direction de l'hôpital, que le personnel juge préjudiciables à ses conditions de travail et à sa rémunération. Parmi elles, la fin de la majoration des heures supplémentaires pour les travailleurs à temps partiel, en particulier pour les IBODE, qui percevaient jusqu'alors une prime pour le travail de nuit, le dimanche et les jours fériés. Désormais, ces heures supplémentaires seront payées sans majoration, ce qui entraînera une perte de salaire importante.Les travailleurs à temps partiel sont souvent des mères célibataires
Manon Breteau souligne que de nombreux travailleurs à temps partiel sont des mères célibataires, dont certaines collègues ayant plusieurs enfants, dont l'un est handicapé, et précise que ces changements seront particulièrement difficiles pour elles. La suppression de la double rémunération sans compensation financière constitue un autre point de friction.Modifications de la pause méridienne et de la durée des vacations
Autre sujet de préoccupation : la suppression de 20 minutes de pause méridienne par jour pour les ASH (agents des services hospitaliers), qui, selon les syndicats, équivaut à 9 jours de RTT (réduction du temps de travail) en moins par an pour un temps plein. La suppression de la vacation de 24 heures pour les IADE (infirmiers anesthésistes) est une autre mesure légale, mais qui était en vigueur depuis vingt ans dans un contexte de pénurie de personnel.Le personnel réclame une compensation pour ces changements
Manon Breteau affirme que le personnel est favorable au respect de la réglementation, mais souhaite travailler de la même façon et au même tarif. Les professionnels réclament « une compensation financière », soulignant que, s'ils acceptent les changements de méthodes, ils veulent s'assurer qu'aucune perte n'apparaisse sur leurs fiches de paie.