Le recul de l'avantage des constructeurs européens en matière d'assurance automobile

Les constructeurs automobiles européens bénéficiaient depuis longtemps d'un avantage en matière de coût de l'assurance auto, mais une nouvelle étude d'Allianz montre que cet avantage disparaît rapidement avec la montée des marques automobiles chinoises. L'étude souligne que les voitures chinoises rattrapent leur retard en matière de classification du risque, un critère qui influe sur les primes d'assurance.

Les classes de risque déterminent le coût de l'assurance

En Allemagne, chaque modèle de voiture se voit attribuer une classe de risque en fonction des sinistres passés. Plus la classe est basse, moins l'assurance coûte cher. En 2024, les voitures européennes affichaient en moyenne trois classes de plus que les voitures chinoises. En 2026, cet écart ne se limite plus qu'à une seule classe, les voitures chinoises s'étant nettement améliorées tandis que les voitures européennes ont légèrement reculé.

Comprendre le calcul des classes de risque

Il est important de noter que les classes de risque reposent sur les données historiques des sinistres, et non sur le coût réel des réparations. Une meilleure classe de risque ne signifie pas forcément qu'une voiture coûte moins cher à réparer en valeur absolue. Elle reflète la fréquence et le coût des sinistres sur la durée.

Les constructeurs chinois améliorent leurs réseaux de réparation

Les marques automobiles chinoises réalisent des progrès visibles dans leurs réseaux de réparation et de service. De nouveaux concessionnaires et ateliers ouvrent leurs portes, et les pièces détachées sont stockées plus près des clients. Cela permet de réduire le temps d'immobilisation d'un véhicule après un accident, ce qui fait baisser à la fois les coûts de réparation et ceux de l'assurance. Des marques comme BYD et MG travaillent également à intégrer les considérations d'assurance dès la conception de leurs véhicules.

Les voitures européennes deviennent plus complexes

En revanche, les voitures européennes sont de plus en plus complexes et coûteuses, avec des équipements tels que des systèmes de sécurité avancés, plus difficiles et plus onéreux à réparer. Cette complexité rend plus difficile la prévision des coûts de réparation, ce qui peut entraîner des primes d'assurance plus élevées et une moindre prévisibilité pour les consommateurs.

Réserves sur l'étude

Il convient de faire preuve de prudence dans l'interprétation de cette étude. Beaucoup de modèles chinois sont relativement récents, si bien que leur classement de risque pourrait ne pas encore être stable. Par ailleurs, Allianz, l'assureur à l'origine de l'étude, conseille des constructeurs chinois et des autorités, ce qui pourrait influencer les conclusions.

Part de marché et difficultés

En janvier 2026, les marques automobiles chinoises détenaient 5,8 % du marché allemand, MG et BYD représentant près de 70 % des immatriculations. Les plus petites marques font toutefois face à des difficultés, notamment des réseaux de concessionnaires limités et de longs délais pour les réparations. Certains acheteurs doutent de la disponibilité des pièces détachées et du service après-vente.

La pérennité de la présence chinoise en Europe

La Chine compte plus de 100 marques automobiles en Europe, mais beaucoup vendent très peu ou sont déficitaires et ne survivent que grâce aux exportations. Si l'une de ces marques venait à quitter le marché européen, cela pourrait poser des problèmes aux clients en matière de pièces détachées, de services de réparation et de valeur de revente.