Le Cesec vote en faveur de l'amélioration du bien-être animal

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Polynésie française (Cesec) a approuvé une motion visant à renforcer la protection et le bien-être des animaux en Polynésie française, après un débat animé. La motion a recueilli 33 voix pour et 5 abstentions. La présidente du conseil, Maiana Bambridge, a souligné l'importance de ce sujet pour l'assemblée.

Un soutien perçu comme un tournant

Matairii Maire, directeur du Syndicat intercommunal pour la gestion de la fourrière animale (Sigfa), a qualifié le soutien du conseil de tournant pour son organisation. La motion présente cinq priorités principales, notamment le renforcement du cadre juridique, la priorité donnée à la stérilisation et à l'identification sur toutes les îles, ainsi que la création de meilleures capacités d'accueil pour les animaux.

Demande budgétaire et comparaison nationale

La motion demande également l'utilisation immédiate de 100 millions de francs issus de la collectivité budgétaire 3. Cette demande contraste avec le plan d'action national, qui a alloué 10 millions d'euros, soit environ 1,19 milliard de francs, aux refuges et aux efforts de stérilisation, comme présenté en juillet 2026.

Une population canine préoccupante

Le Sigfa s'inquiète du nombre élevé de chiens sur le territoire, avec une estimation de 500 000 chiens pour 278 000 habitants, un chiffre qui n'a toutefois pas été vérifié officiellement. Les problèmes recensés comprennent les poubelles renversées, les combats de chiens et les risques sanitaires comme la leptospirose, qui touchent à la fois les animaux et les personnes.

L'euthanasie reste une issue fréquente

Le Cesec note que l'euthanasie résulte souvent de la conduite d'animaux à la fourrière. À Faa'a, 300 à 400 chiens sont euthanasiés chaque année, tandis qu'Afaahiti, qui dispose de personnel limité, peine à prendre en charge ne serait-ce que 60 chiens que le Sigfa ne peut pas gérer faute d'installations adaptées. Certaines communes, comme Taiarapu-Est, ne disposent d'aucun refuge ni d'aucune fourrière.

Des modèles efficaces dans d'autres communes

Le Sigfa a identifié des pratiques efficaces dans d'autres communes. À Arue, des agents techniques sont toujours présents pour appuyer le prestataire, ce qui permet des interventions rapides. À Punaauia, un système de marché permet à la police municipale de demander une aide régulière. À Paea, des agents se rendent sur les sites pour régler directement les problèmes avec les propriétaires de chiens.

Des recommandations pour mutualiser les ressources

Le Cesec suggère que les communes mutualisent leurs ressources et tiennent les propriétaires d'animaux responsables de leurs bêtes. Matairii Maire prévoit de contacter l'ensemble des communes pour diffuser le message du Sigfa, dans l'espoir que la collaboration accélère l'élaboration de modèles locaux centrés à la fois sur le bien-être des animaux et sur celui des quartiers.