Tahiti propose un nouveau refuge pour chiens

L'Alliance pour le respect et la protection des animaux de Polynésie française (ARPAP) a proposé le projet « 'Oa'oa », un modèle de refuge canin décrit comme « exemplaire et écologique », destiné à résoudre la situation du refuge illégal pour chiens d'Afaahiti. Le projet est à l'étude depuis la fin du mois de juillet, avec l'objectif d'obtenir l'approbation du Pays.

Le projet vise à résoudre une triple crise

Selon Carole Couturier, présidente de l'ARPAP, le projet « 'Oa'oa », qui signifie « joie » ou « bonheur » en tahitien, est un « projet d'accueil unique dans le Pacifique » qui réunit plusieurs associations. Le projet est présenté comme un modèle « alternatif » destiné à répondre à une « triple urgence » : mettre fin aux conditions d'hébergement inadaptées des 54 chiens actuellement pris en charge par l'association TTMA, proposer une alternative au béton, et établir un cadre de référence reproductible dans toute la Polynésie française.

Caractéristiques de conception du refuge

Les deux terrains à l'étude seraient situés à plus de 800 mètres des habitations afin de limiter les nuisances. Le projet comprendrait six « mini-refuges », chacun géré par l'une des six associations partenaires, avec cinq enclos accueillant au maximum neuf chiens chacun. Une septième association gérerait les espaces communs. Dans l'ensemble, le projet prévoit trente enclos d'au moins 20 m², avec des soigneurs rémunérés, des bénévoles formés et un vétérinaire de référence.

Mettre l'accent sur le comportement naturel et la durabilité

L'approche en plein air vise à s'inscrire dans une démarche durable, permettant aux chiens de conserver leurs comportements naturels, ce qui les rendrait plus calmes et plus sociables, et donc plus faciles à présenter aux futurs adoptants. Le projet comprend une approche écologique globale pour la gestion des effluents, inspirée des principes de la phytoremédiation et du compostage.

Défis financiers et réglementaires

Le budget d'investissement du projet est estimé à 12,3 millions de francs, avec des coûts de fonctionnement annuels d'environ 17 millions de francs, soit 863 francs par chien et par jour. Le projet respecte l'ensemble des exigences du arrêté n° 1469 CM du 3 septembre 2009, relatif aux lieux d'hébergement des animaux, et sa conception est conforme aux normes applicables aux installations classées les plus exigeantes. Bien que le soutien matériel de certaines entreprises soit déjà prévu, la recherche de financements complémentaires serait suspendue dans l'attente de l'approbation des autorités, à la suite d'une présentation au ministre chargé de la protection animale, Taivini Teai, le 29 juillet. L'ARPAP a exprimé sa frustration face au manque de positionnement du Pays, qui permettrait de créer ce lieu rapidement et en toute légalité, soulignant que les projets envisagés ne pourront se concrétiser que dans plusieurs années.