Dans un monde en rapide mutation, porté par les avancées technologiques et l’innovation numérique, de nombreux travailleurs s’inquiètent de voir leurs compétences devenir obsolètes. Un rapport de 2026 du Conseil économique, social et environnemental, intitulé Systémiques et ruptures : repenser notre approche des compétences, souligne que la durée de vie d’une compétence technique a considérablement diminué. En 1980, une compétence pouvait rester pertinente pendant 20 à 30 ans, mais aujourd’hui, elle peut devenir caduque en seulement 6 à 24 mois. Cette évolution représente un défi à la fois pour les jeunes diplômés et les professionnels expérimentés, qui doivent sans cesse actualiser leurs savoir-faire pour rester compétitifs sur le marché du travail. Une enquête européenne menée par le groupe Cegos en juin 2026 révèle que si seulement un tiers des salariés français estiment que leur emploi pourrait disparaître, 71 % s’attendent à ce que leur travail évolue de manière significative, et 62 % des directeurs des ressources humaines (DRH) privilégient l’investissement dans la formation des employés plutôt que le recrutement de nouveaux collaborateurs. Le modèle français de formation professionnelle a connu une transformation majeure depuis la loi de 1971, qui a pour la première fois accordé aux salariés le droit de s’absenter pour se former, tout en imposant aux entreprises de financer ces périodes. Au fil des années, le système a évolué pour offrir davantage d’autonomie aux salariés. Une étape importante a été franchie avec la réforme de 2018, qui a instauré le CPF (Compte Personnel de Formation), ou compte personnel de formation. Ce dispositif permet aux salariés d’accumuler des crédits qu’ils peuvent ensuite utiliser pour financer eux-mêmes leurs formations. Cette évolution s’inscrit dans deux tendances de fond : le rôle croissant du numérique dans l’éducation et l’accent mis sur des parcours d’apprentissage personnalisés. L’idée de formations numériques, qui pourraient réduire le recours aux formateurs traditionnels, a commencé à s’imposer au début des années 2010 avec l’émergence des MOOC (Massive Open Online Courses), ces cours en ligne accessibles à un large public. Ces formations sont devenues un pilier de l’enseignement initial comme de la formation continue. Paul Santelmann, spécialiste de la formation et ancien directeur de la prospective à l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes), observe qu’à mesure que les formats numériques progressent, les organismes de formation adhèrent de plus en plus à l’idée que l’apprentissage autodirigé et une approche personnalisée de l’éducation sont essentiels. L’Afpa, premier organisme de formation professionnelle en France, a toujours été en première ligne pour s’adapter aux besoins changeants du marché du travail.