La commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté, jeudi, des modifications apportées au prêt à taux zéro, appelé PTZ, visant à aider les jeunes parents à accéder à des logements plus spacieux. Cette mise à jour supprime les conditions de ressources et porte le montant maximal du prêt à 100 000 euros. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une démarche plus large menée par le ministre Sébastien Lecornu pour encourager la natalité. Plus tôt en septembre, le Premier ministre avait confirmé le maintien du PTZ, qui permet actuellement à quelque 70 000 ménages d’acheter un bien immobilier chaque année. La version révisée étendra également le prêt aux familles ayant un enfant à naître ou âgé de moins de trois ans. Lors de la réunion de la commission, les députés ont adopté un amendement proposé par Jean-Paul Matteï (Les Démocrates), inspiré d’une proposition antérieure du groupe Liot. Selon les nouvelles règles, le PTZ sera accessible aux ménages ayant un enfant âgé de cinq ans, sans vérification des revenus. Le plafond du prêt sera fixé à 100 000 euros, indépendamment des autres critères qui influençaient auparavant son montant. Jean-Paul Matteï a qualifié cette modification de « mesure de bon sens », soulignant qu’elle soutient les jeunes couples souhaitant agrandir leur logement. Il a fait valoir que, bien que cette mesure puisse sembler coûteuse, elle générerait des ressources supplémentaires grâce aux investissements. Toutefois, certains élus ont exprimé des réserves, notamment sur la suppression des conditions de ressources, qu’ils jugent susceptible de davantage avantager les familles aisées que celles dans le besoin. Iñaki Echaniz (PS) a fait part de ses inquiétudes, déclarant que « les enfants de Bernard Arnault pourraient donc bénéficier du PTZ pour enfants s’ils souhaitent avoir des enfants », en référence à un débat passé sur l’universalisation d’un repas à un euro pour tous les élèves. Il a estimé que les banques préféreraient accorder des prêts à ceux qui n’ont pas besoin du PTZ, et que la suppression des plafonds de ressources pourrait « vider le dispositif de sa substance ». D’autres députés ont mis en garde contre les conséquences financières de cette extension. Daniel Labaronne (Ensemble pour la République) a pointé le risque pour les finances publiques, estimant le coût à 1,35 milliard d’euros d’ici 2025. Il a rappelé que, si le PTZ est gratuit pour les emprunteurs, il est en réalité financé par les contribuables. Guillaume Kasbarian (EPR) s’est interrogé sur la pertinence de ce que l’État prenne en charge les intérêts pour l’ensemble des ménages, suggérant qu’un « PTZ pour tous » pourrait « s’écarter légèrement de l’objectif initial ». Éric Coquerel (La France insoumise) a ajouté que cette mesure pourrait aussi faire augmenter les prix de l’immobilier. L’extension du PTZ n’est pas encore finalisée. Les députés examineront à nouveau la proposition initiale du gouvernement lors des débats ultérieurs en séance. Pour que la mesure entre en vigueur en 2027, elle devra être intégrée à la loi de finances après le processus budgétaire.