Le retour au travail après un cancer est semé d'embûches, entre silence au sein de l'entreprise et crainte d'être perçu comme moins compétent, selon des enquêtes récentes menées en France.
Reprendre le travail après un cancer
Reprendre le travail après un cancer implique de naviguer entre des défis personnels et professionnels, notamment trouver sa place, retrouver son rythme et faire face au regard des autres. Une enquête de Fasterclass menée auprès de 2 913 Français en activité révèle que le silence qui entoure la maladie au travail tient à un manque d'habitude plutôt qu'à un manque de bonne volonté.Arrêts de travail et séquelles à long terme
Selon l'enquête VICAN5 de l'Institut national du cancer (INCa), 77 % des personnes qui travaillaient au moment de leur diagnostic de cancer ont connu un arrêt de travail d'au moins un mois, d'une durée moyenne de dix mois. Cinq ans plus tard, 63,5 % des personnes interrogées conservent des séquelles de la maladie ou des traitements, et près d'une sur deux (48,7 %) souffre d'une fatigue cliniquement significative.La peur d'être jugé au travail
Les salariés interrogés par Fasterclass citent la crainte d'être considérés comme moins performants comme l'aspect le plus difficile face à une maladie grave (37 %), devant le manque de dialogue avec les managers (35 %) et la difficulté à évoquer la fatigue ou les limitations (33 %). Cela met en lumière la culture de la performance, au travail comme dans la vie quotidienne, qui éloigne les individus de leurs propres ressentis et de leurs besoins.Expériences personnelles et difficultés
Mélanie, 31 ans, en rémission d'un cancer du sein et membre de l'association Jeune et rose, évoque les difficultés du retour au travail, notamment concilier les traitements en cours avec la vie professionnelle et faire comprendre à ses collègues et à sa hiérarchie qu'elle n'est plus la même. Reconnaître auprès de son manager que l'on n'a pas encore retrouvé le rythme d'avant reste difficile pour de nombreux salariés.Le point de vue des managers et les incertitudes
Seuls 13 % des salariés trouvent cet aveu facile, tandis que près d'un sur deux (48 %) le juge difficile, et 19 % craignent de paraître peu impliqués. Pour 38 % des salariés, la facilité de cet échange dépend du manager. Les managers eux-mêmes expriment des incertitudes : seuls 15 % considèrent la question tout à fait simple, et 46 % estiment que cela dépend du manager. Cela indique que la parole se libère ou se tait selon la personnalité de l'interlocuteur, plutôt que selon une règle commune.Regards des collègues et pression au travail
Autour de ces échanges, le regard des collègues pèse lui aussi lourdement. 29 % des salariés déclarent avoir senti que l'on posait sur eux un regard différent après la maladie, et 21 % ont fait l'expérience du silence ou de l'évitement de la part de leurs collègues. Les managers citent la pression de reprendre le travail comme avant (30 %), contre 21 % des salariés. Ces résultats suggèrent que la bienveillance ne manque pas dans les entreprises, mais que les mots, l'écoute et l'habitude des échanges sincères, si.Favoriser une communication ouverte
Pour y remédier, Fasterclass promeut une culture du retour d'information au sein des relations managériales afin d'encourager une communication ouverte.