Une enquête révèle que la plupart des salariés français se sentent mal préparés à réagir lorsqu'un collègue annonce un cancer. Le cancer du sein est courant et le retour au travail est souvent mal géré.
Le sondage révèle un manque de préparation
Une enquête menée par Fasterclass montre que seulement 12 % des salariés français se sentent capables de réagir lorsqu'un collègue annonce une maladie, et 85 % reconnaissent ne pas être préparés à une telle situation. Une expérience personnelle de l'annonce d'un cancer
Mélanie, 31 ans, survivante d'un cancer du sein en rémission et membre de l'association Jeune et Rose, raconte comment elle a informé son supérieur de sa maladie. Son responsable a été bienveillant et a respecté ses temps de repos, mais elle a trouvé difficile le retour au travail après un long arrêt, en raison d'importants changements dans l'environnement professionnel. Une incidence élevée du cancer du sein en France
La France figure parmi les pays où le taux de cancer du sein est le plus élevé au monde, avec environ 61 000 nouveaux cas attendus en 2023, selon le ministère de la Santé. L'Institut national du cancer (INCa) indique également qu'une personne sur cinq âgée de 18 à 54 ans et en activité au moment du diagnostic n'est plus employée cinq ans plus tard. Une charte proposée pour accompagner les patients atteints de cancer
Pour répondre à ces difficultés liées à l'emploi, l'Institut national du cancer a proposé aux entreprises une charte « Cancer et emploi ». Cette initiative vise à améliorer l'accompagnement des salariés confrontés à un cancer et à aider les managers comme les salariés à mieux anticiper le retour au travail. Éviter la gêne dans les échanges
Le sondage révèle que 31 % des salariés craignent de se sentir gênés et que 38 % ne savent pas quoi dire lorsqu'un collègue annonce un cancer du sein. Parmi les managers, 44 % redoutent la gêne et 33 % ne savent pas comment réagir. En conséquence, 62 % des salariés et 61 % des managers ont évité d'aborder la maladie avec un collègue, et plus d'un tiers d'entre eux l'ont fait à plusieurs reprises. L'importance d'une communication attentive
Mélanie souligne la nécessité d'éviter les remarques suggérant que être jeune facilite la guérison, car les patients jeunes font souvent face à une évolution plus agressive du cancer. Elle insiste également sur le fait que chaque cancer est unique et qu'il faut éviter de minimiser la souffrance des personnes concernées. Des organisations comme Cancer@Work et Wecare@Work proposent des ressources pour accompagner les salariés touchés et leurs collègues.