De nouvelles initiatives sont à l’étude en France pour élargir le rôle des pharmacies dans la prise en charge de problèmes de santé publique tels que l’hypertension artérielle, l’arrêt du tabac et la gestion du diabète de type 2. Ces propositions s’inscrivent dans le cadre des discussions en cours autour du troisième avenant de la convention nationale pharmaceutique, qui définit les accords entre l’État et l’industrie pharmaceutique. Pour l’hypertension artérielle, ou HTA, les pharmacies pourraient contribuer à repérer les patients ignorant qu’ils souffrent d’une pression artérielle élevée. Les pharmaciens pourraient mesurer la tension, évaluer les facteurs de risque et orienter les personnes vers un médecin si nécessaire. Cela permettrait aux patients de débuter ou de poursuivre leur parcours de soins et d’assurer un suivi régulier lors de leurs prochaines visites en officine. L’objectif est de détecter précocement l’HTA et d’accompagner les patients dans la gestion de leur maladie. Dans trois régions – les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et la Provence-Alpes-Côte d’Azur –, une expérimentation de deux ans est en cours pour aider les fumeurs à arrêter. Dans chaque région, un ou deux départements participeront, et toutes les pharmacies concernées pourront s’impliquer. Le programme prévoit quatre entretiens avec les patients sur une période de six mois, débutant par une première rencontre suivie de trois suivis. Les chercheurs évalueront la bonne application du protocole par les pharmaciens, le nombre de patients recrutés et ceux restant dans le programme. Les taux d’arrêt du tabac seront mesurés à six mois et un an. L’utilisation de substituts nicotiniques, comme les patchs ou les gommes, sera également enregistrée, et la rémunération des pharmaciens pour leur temps de travail fait encore l’objet de discussions, probablement en s’appuyant sur les modèles de paiement existants pour l’accompagnement pharmaceutique. Pour le diabète de type 2, les pharmacies pourraient commencer à proposer un accompagnement dans les prochains mois. Un premier entretien permettra d’identifier les besoins du patient et de fixer des priorités. Sept thèmes clés ont été retenus, dont la compréhension de la maladie, les options de traitement, l’observance des médicaments, le suivi de la glycémie, les complications, les recommandations alimentaires et l’activité physique. Chaque année, les pharmaciens pourront aborder trois de ces sujets. La rémunération de ce service reste en négociation et pourrait s’appuyer sur les tarifs actuels de l’accompagnement pharmaceutique. La question de la rémunération de ces nouveaux services est encore en discussion. Selon certaines informations, les pharmaciens pourraient percevoir entre 10 et 25 euros pour la détection de l’hypertension artérielle. Les montants exacts pour les autres services restent à déterminer, mais l’objectif est d’offrir aux pharmaciens une rémunération équitable tout en élargissant l’accès du public à des services de santé essentiels.