Un lac disparaît en quelques heures

Un paisible lac de Louisiane, d'une profondeur de seulement 3 mètres, a disparu en l'espace de quelques heures lorsqu'un trépan de forage a accidentellement percé une galerie de mine de sel abandonnée. L'événement s'est produit le 20 novembre 1980, alors qu'une équipe de forage de Texaco cherchait du pétrole près de Jefferson Island.

Le forage heurte une vieille mine

Le trépan a frappé le troisième niveau de la mine de la Diamond Crystal Salt Company, exploitée depuis 1919 et descendant jusqu'à 460 mètres sous la surface. Le lac Peigneur, un lac d'eau douce profond de seulement 3 mètres, se trouvait directement au-dessus de cette structure géologique.

Le sel se dissout, le lac se vide

Une fois la brèche ouverte, le sel s'est dissous dans l'eau douce, élargissant peu à peu le trou. Le lac s'est alors vidé dans la mine comme dans un gigantesque entonnoir, engloutissant onze barges, un remorqueur, un quai de chargement et plusieurs dizaines d'hectares de terrain.

Le canal s'inverse, le lac devient salé

Après la vidange du lac, le canal Delcambre, qui relie habituellement le lac au golfe du Mexique, a commencé à couler à rebours. L'eau salée du golfe s'est engouffrée, formant une cascade de 50 mètres de haut qui a comblé le vide. Le lac a finalement retrouvé son niveau, mais il est devenu salé et beaucoup plus profond, atteignant désormais environ 60 mètres.

Des questions juridiques restées sans réponse

L'affaire judiciaire liée à cet incident n'a jamais été entièrement résolue. La Mine Safety and Health Administration n'a pas pu déterminer si l'équipe de forage avait visé le mauvais emplacement ou si les plans de la mine comportaient des erreurs. Texaco et l'entreprise de forage Wilson Brothers ont versé 32 millions de dollars à Diamond Crystal en 1983.

Un dôme de sel utilisé pour le stockage de gaz

Depuis 1994, le dôme de sel à l'origine de la catastrophe sert au stockage souterrain de gaz naturel sous pression. Des inquiétudes subsistent toutefois : en 2014, un juge a annulé un permis autorisant la création de nouvelles cavités, ce qui souligne la nécessité de la prudence sur ce site. Le lac Peigneur demeure une étude de cas pour les géologues et les ingénieurs miniers, illustrant le fragile équilibre entre la surface et le sous-sol.