Le franchisé KFC ProNoïa traverse une crise d'endettement, touchant plus de 40 restaurants à Paris, Bayonne et Dijon alors qu'il cherche à se restructurer.
Restaurants de Paris, Bayonne et Dijon touchés
Une quarantaine de restaurants KFC à Paris, Bayonne et Dijon sont affectés par les difficultés financières de ProNoïa, un important franchisé en France. La société a engagé une procédure de sauvegarde en raison de ses dettes, selon des documents judiciaires publiés samedi.Des dettes liées à une expansion rapide
La crise de la dette de ProNoïa découle du financement d'une stratégie d'expansion rapide, qui a entraîné une hausse des pertes. Le tribunal de commerce de Bordeaux a ouvert la procédure de sauvegarde fin septembre pour la société holding et ses filiales, notamment les restaurants KFC de North Station et du Forum des Halles à Paris, ainsi que d'autres établissements à Bayonne et à Dijon. Cette procédure gèle les dettes pendant la négociation d'un plan, qui pourrait permettre de les étaler sur dix ans.Des débuts à Pau et des objectifs d'expansion
L'histoire commence à Pau, où le fondateur de ProNoïa, Pierre Tritz, a ouvert son premier franchise KFC en 2013. Dix ans plus tard, le groupe a cherché à obtenir 85 millions d'euros de financements, principalement auprès de banques, pour passer de 26 à près de soixante restaurants d'ici 2025 et « capter plus d'un tiers de la croissance » de KFC en France.Un développement lent et des pertes importantes
Selon le registre du commerce, ProNoïa n'a ouvert qu'une quinzaine de restaurants, notamment à La Défense et au centre commercial Parly 2 dans la région parisienne. La seule filiale d'Île-de-France a enregistré des pertes de 4,7 millions d'euros pour l'exercice clos le 31 mars 2026, avec à cette date un endettement supérieur à la valeur de ses actifs de 14,6 millions d'euros.Un déclin financier et un rééchelonnement de la dette
ProNoïa, encore bénéficiaire en 2021-2022, a enregistré une perte de 7,2 millions d'euros pour l'exercice clos le 31 mars 2025, malgré un chiffre d'affaires de 83,9 millions d'euros. Elle a accumulé 60,7 millions d'euros de dette financière et n'a pas respecté les ratios financiers requis pendant deux années consécutives. Les banques ont accordé une dérogation fin 2025, le temps de discussions en cours pour rééchelonner la dette.La réponse de KFC France
KFC France a indiqué que son franchisé avait engagé une démarche « proactive » pour « adapter et restructurer son activité face à un environnement économique exigeant ». La marque assure que les restaurants « continuent de fonctionner normalement ».D'autres franchisés en difficulté
ProNoïa n'est pas le seul franchisé de KFC confronté à des difficultés. AmRest, un autre grand franchisé de KFC qui exploite également Sushi Shop, a vu ses ventes baisser de plus de 10 % l'an dernier et au premier trimestre, même s'il fait état de « signes d'amélioration » au deuxième trimestre.Concurrence croissante et demande de poulet
Malgré une hausse de 5,6 % de la consommation de poulet en France en 2025, tirée par le secteur de la restauration, KFC fait face à une concurrence grandissante de marques comme Tasty Crousty et Popeyes. Contactée, ProNoïa n'a pas immédiatement répondu aux questions supplémentaires.