Le dépôt de demandes auprès des prud'hommes a changé : moins de documents sont nécessaires, mais de nouveaux frais et délais s'appliquent. Salariés et employeurs doivent s'adapter aux nouvelles procédures.
Procédure simplifiée de saisine des prud'hommes
Depuis le 1er octobre 2026, les personnes qui saisissent le conseil de prud'hommes n'ont plus besoin de joindre des pièces à leur requête. Elles doivent désormais fournir un bordereau de pièces ainsi que leur dernier bulletin de paie.Nouvelle exigence du timbre de 50 euros
Un timbre de 50 euros est exigé depuis le 1er mars 2026 pour toute affaire portée devant une juridiction judiciaire ou un conseil de prud'hommes. Cette mesure a été instaurée par le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026.Dispositions actualisées du code du travail
Le décret n° 2026-683 a modifié les articles R. 1452-2 à R. 1452-4 du code du travail. L'objectif était de simplifier la saisine des prud'hommes, en particulier par voie électronique, en limitant le nombre de pièces nécessaires.Circulation des pièces entre les parties
Pour les affaires introduites depuis le 1er octobre 2026, les pièces ne sont plus transmises au tribunal. Elles circulent désormais entre les parties. Le demandeur remet les pièces à son employeur et apporte une copie à l'audience.Une idée fausse sur la saisine simplifiée
Malgré la procédure simplifiée, la charge de la preuve n'a pas changé. Le principe du contradictoire demeure : toutes les pièces doivent être communiquées à la partie adverse avant l'audience et présentées aux juges.L'importance d'une documentation rigoureuse
Saisir les prud'hommes « à la légère », sans préparation adéquate, peut entraîner de sérieux risques. Des pièces communiquées tardivement ou de manière désordonnée peuvent être écartées ou retarder la procédure.Détails du droit de timbre de 50 euros
L'article 128 de la loi de finances pour 2026 a rétabli une contribution de 50 euros destinée à l'aide juridique. Ce droit est exigible pour toute affaire introduite depuis le 1er mars 2026 devant une juridiction judiciaire ou un conseil de prud'hommes.Paiement et conséquences
Le timbre de 50 euros doit être acquitté en ligne, sous forme de timbre fiscal électronique. En cas d'oubli, il peut être régularisé dans un délai d'un mois. À défaut de paiement, l'affaire est irrecevable et doit être à nouveau introduite.Les personnes exonérées du droit
Les bénéficiaires de l'aide juridictionnelle sont dispensés du timbre de 50 euros. Ils doivent joindre à leur dossier la décision d'admission ou leur demande. Ce droit ne revient pas à la juridiction : il finance la rémunération des avocats intervenant au titre de l'aide juridique.Critiques et impact
Le nouveau droit a été critiqué comme un obstacle potentiel pour les salariés les plus modestes. Bien que son montant soit modeste au regard des sommes en jeu dans les litiges prud'homaux, il ajoute une nouvelle obligation à la charge des demandeurs.Des délais de prescription inchangés
Les délais de prescription applicables aux affaires prud'homales n'ont pas changé. Par exemple, les demandes liées à la rupture du contrat de travail doivent être introduites dans les 12 mois suivant la notification de la rupture.L'importance d'agir à temps
Saisir le conseil de prud'hommes, même si ce n'est pas la juridiction compétente, interrompt le délai de prescription. Cela souligne la nécessité d'agir rapidement et de s'assurer que le timbre de 50 euros est acquitté dans les temps.Impact sur les salariés et les employeurs
La réforme supprime un obstacle matériel pour les salariés, en particulier ceux qui saisissent le conseil en ligne. Elle transfère toutefois à ces derniers la responsabilité de préparer le dossier, qu'ils doivent communiquer directement à l'employeur.Responsabilités des employeurs
Les employeurs doivent désormais gérer eux-mêmes les pièces, en les recevant du salarié et en préparant les leurs. Cela suppose de revoir les processus internes et d'assurer une organisation rigoureuse en vue des audiences.