Début de l'expérience sur les abeilles africaines

En octobre 1957, une station de recherche brésilienne retire les grilles à reines des ruches, un geste attribué à Warwick Kerr, généticien qui conduisait l'expérience. L'objectif était d'obtenir une abeille plus productive en miel dans les conditions tropicales que l'abeille européenne, alors utilisée dans toute l'Amérique du Nord, centrale et du Sud.

Reines importées et leur survie

Sur 63 reines importées en 1956, seules 48 ont survécu, ce qui signifie que 15 reines manquaient déjà avant le début de l'expérience. Le gouvernement brésilien avait demandé à Kerr une abeille adaptée au climat du pays. Le généticien savait que les abeilles africaines étaient agressives, mais il espérait que leur croisement avec les souches locales produirait un insecte plus doux et plus productif.

Grilles à reines et l'évasion

Les colonies africaines, réputées pour leur grande défensive, étaient placées dans des ruches équipées de grilles à reines. Ces grilles laissent passer les ouvrières, mais retiennent la reine et les faux-bourdons. Selon Kerr, un apiculteur local passant près de la station aurait remarqué les grilles en octobre 1957 et les aurait retirées. Ce récit repose entièrement sur ce témoignage, et les explications avancées au sujet des motivations du visiteur ne sont que des hypothèses.

Fuite et propagation des essaims

En octobre 1957, 26 reines et leurs essaims se sont échappés vers la forêt voisine. Un essaim se compose d'une reine accompagnée d'une partie de ses ouvrières, qui partent fonder une nouvelle colonie ailleurs. Ces essaims ne restent pas sur place. Ils peuvent parcourir 60 miles, soit près de 97 kilomètres, ou davantage.

Abeilles africanisées et leur surnom

Cet épisode révèle la fragilité de la barrière. Une cloison amovible placée sur des colonies réputées défensives, que n'importe quel visiteur pouvait retirer : tout l'objectif de confinement reposait sur ce dispositif. Les descendantes des fugitives se sont croisées avec les abeilles européennes locales. Le résultat est connu sous le nom d'abeille africanisée. Les médias et le cinéma l'ont rebaptisée « abeille tueuse », un surnom que l'Encyclopædia Britannica range parmi les formules sensationnalistes.

Propagation à travers les continents

Une zone d'ombre subsiste : aucune des sources consultées ne nomme le visiteur. Elles ne détaillent pas non plus l'itinéraire, que quelques jalons permettent seulement de résumer : le Panama atteint en 1982, l'Amérique du Nord en 1985, puis le Texas en 1990. 15 octobre 1990 : Hidalgo, puis plus de 100 comtés. Le 15 octobre 1990, près de Hidalgo (Texas), la première colonie naturelle a été découverte.

Expansion et présence actuelle

Pendant trois ans, leur propagation est restée cantonnée au sud du Texas, selon une synthèse du service de vulgarisation universitaire. L'expansion a ensuite repris. Britannica situe la progression vers plusieurs États du sud et de l'ouest du pays au début des années 2000. Aujourd'hui, les colonies ont gagné beaucoup de terrain.

Impact et dangers des abeilles africanisées

Une colonie africanisée dérangée réagit plus vite qu'une colonie européenne et peut poursuivre une personne sur jusqu'à 400 mètres. Les victimes reçoivent environ dix fois plus de piqûres que lors d'une attaque d'abeilles européennes. Les synthèses disponibles attribuent à ces abeilles environ 1 000 décès humains, ainsi que la mort de chevaux et d'autres animaux.