Une fourrure brun-rougeâtre, un ventre brique et une silhouette bondissante sautant de branche en branche : c’est ainsi qu’on pourrait décrire un animal que l’on croirait croiser dans un documentaire sur l’Asie du Sud-Est, mais qui s’est désormais bien installé le long de la Côte d’Azur. Des pins parasols du Cap d’Antibes aux jardins de Vallauris, l’écureuil à ventre rouge a discrètement conquis un territoire qui n’était pas le sien à l’origine, au point d’obliger l’État à déployer des mesures administratives. Cette histoire commence, comme souvent, par un geste anodin devenu un casse-tête écologique.
Vers 1966, une ou deux paires d’écureuils à ventre rouge, importés de Taïwan, ont été relâchées au Cap d’Antibes, donnant naissance à la plus ancienne population de cette espèce en France. L’espèce entre en concurrence avec l’écureuil roux autochtone et cause des dégâts aux vergers, à l’écorce des arbres, ainsi qu’à la prédation des œufs et des oisillons. Malgré un décret de 2018 interdisant sa détention et encadrant les opérations de régulation par tir ou piégeage, la population continue de s’étendre, notamment vers Valmasque, au-delà de l’autoroute A8.
Tout a commencé par une initiative privée, vers 1966, sur la presqu’île du Cap d’Antibes. Un particulier, propriétaire d’une résidence dans ce secteur huppé des Alpes-Maritimes, aurait rapporté des individus de Callosciurus erythraeus, cet écureuil originaire d’Asie du Sud-Est reconnaissable à sa silhouette élégante et son ventre rouge caractéristique. Initialement destinés à orner le jardin comme de simples animaux d’ornement, une ou deux paires auraient fini par être relâchées dans le sous-bois de la presqu’île, volontairement ou accidentellement, sans que l’on sache vraiment aujourd’hui comment. Ce qui s’est passé ensuite ressemble presque à une démonstration écologique grandeur nature. Livrés à eux-mêmes dans un climat méditerranéen accueillant, sans prédateurs naturels pour freiner leur expansion, ces quelques individus ont donné naissance à une population qui, cinquante ans plus tard, constitue l’implantation la plus ancienne de cette espèce en France. Une étude de cas que scientifiques et autorités observent encore aujourd’hui avec un mélange de fascination et d’inquiétude.
Sur le papier, rien ne prédisposait cet écureuil asiatique à prospérer sous le soleil des Alpes-Maritimes. Accoutumé aux forêts subtropicales de Taïwan, il aurait pu succomber au premier hiver rigoureux ou disparaître par manque de ressources adaptées. Pourtant, le microclimat particulièrement doux du Cap d’Antibes, couplé à une végétation dense et à une nourriture disponible toute l’année, a offert à l’espèce des conditions quasi idéales pour une installation durable. Plus troublant encore : dès 1958, près de dix ans avant l’arrivée de ces écureuils sur la Côte d’Azur, les dangers liés à l’introduction d’espèces exotiques étaient déjà connus et documentés. Pourtant, aucune mesure n’a été prise pour empêcher cette implantation ou limiter son expansion dans les décennies qui ont suivi. Un manque de prévoyance qui coûte cher aujourd’hui, tant sur le plan écologique que financier, puisque l’espèce est désormais en concurrence directe avec l’écureuil roux, notre espèce native, pour l’accès à la nourriture et aux territoires.
Des jardins d’Antibes aux forêts des Alpes-Maritimes, une progression inexorable. Pendant plus de trente ans, l’urbanisation dense d’Antibes et de Juan-les-Pins a joué paradoxalement le rôle de barrière naturelle. Cantonnée à sa presqu’île, la population d’écureuils est restée confinée au Cap d’Antibes jusqu’aux années 2000. Mais cette barrière urbaine a fini par céder, et l’espèce a entamé une progression qui n’a jamais cessé depuis. Vallauris, Le Cannet, Cannes : les communes voisines ont été progressivement colonisées, l’écureuil à ventre rouge profitant des continuités végétales pour étendre son territoire pas à pas. Aujourd’hui, sa présence est particulièrement dense le long de l’axe Antibes-Juan-les-Pins et Vallauris, avec un impact écologique désormais bien documenté : dégâts aux vergers, dénudation de l’écorce des arbres forestiers, et prédation avérée sur les œufs et les jeunes de certaines espèces d’oiseaux. Plus surprenant encore, des individus isolés ont récemment été observés bien au-delà de cette zone historique, dans le parc de Valmasque, au nord de l’autoroute A8, probablement à la suite d’un nouveau lâcher par un particulier. La boucle est presque bouclée, cinquante ans après les faits.
Les écureuils à ventre rouge colonisent la Côte d'Azur malgré les mesures de contrôle
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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