Le Royaume-Uni expérimente l'heure d'été britannique toute l'année

Pendant trois ans, du 27 octobre 1968 au 31 octobre 1971, le Royaume-Uni a conservé l'heure standard britannique (BST), soit GMT+1, toute l'année, au lieu de revenir à l'heure de Greenwich (GMT) en hiver.

Une réduction des accidents estimée

Le Transport and Road Research Laboratory (TRRL) a estimé que le maintien de la BST pendant ces hivers avait peut-être permis de réduire d'environ 2 700 le nombre de morts et de blessés graves, tout en soulignant que ces chiffres étaient approximatifs et non exacts.

Un impact variable selon les régions

Ce changement d'heure n'a pas touché toutes les régions de la même façon : le nord de l'Écosse a enregistré une hausse des statistiques d'accidents, ce qui met en évidence les différences régionales dans la manière dont le changement a été vécu.

Une expérience fondée sur des sondages

L'expérience faisait suite à des sondages menés à la fin des années 1950 et au début des années 1960, qui suggéraient une légère préférence pour le maintien de la BST toute l'année, ce qui a conduit le gouvernement d'Harold Wilson à mettre en place cet essai en 1968.

Contexte historique de l'heure d'été

L'heure d'été était en vigueur depuis une loi de 1916, qui avançait les horloges d'une heure du 21 mai au 1er octobre afin de soutenir l'effort de guerre. L'expérience a commencé peu après une loi de 1967 restreignant la consommation d'alcool dans la circulation routière.

Le Parlement rejette la BST

En décembre 1970, les Communes ont rejeté la BST par 366 voix contre 81, décidant de revenir à GMT le 31 octobre 1971. Plus de 30 députés devaient intervenir sur la question, reflet des opinions partagées.

Opinions publiques et sectorielles

Les sondages ont montré une opinion publique partagée : 50 % souhaitaient conserver la BST en hiver, et 41 % voulaient revenir à GMT. Les milieux d'affaires soutenaient la BST pour une harmonisation avec l'Europe occidentale, tandis que des travailleurs, comme les facteurs, s'y opposaient en raison des matinées longues et sombres.

Une opposition régionale marquée

Le nord de l'Écosse s'est fortement opposé à la BST, 61 % de ses habitants souhaitant revenir à GMT. Un député a noté qu'en décembre, il fallait attendre 10 h 15 pour que le jour se lève, soulignant les inquiétudes de la région face à l'obscurité.

Une réanalyse confirme les constats antérieurs

Une réanalyse menée en 1989 par le TRRL, qui tenait compte de l'impact de la loi de 1967 sur l'alcool au volant, a donné des résultats globalement cohérents avec les estimations antérieures. Toutefois, le vote des Communes en 1970 a mis fin à l'expérience, et le Royaume-Uni est revenu à GMT en 1971.

Un héritage dans le débat actuel

Cet épisode reste présent dans le débat britannique sur les fuseaux horaires et l'heure d'été. La bibliothèque de la Chambre des communes y fait référence dans une note sur le projet de loi sur l'heure d'été de 2010-2011, témoignant de son influence durable sur les discussions politiques.