La France et les EAU signent un nouvel accord sur le Rafale F5, axé sur les composants communs et l'interopérabilité, sans transfert de technologie complet.
France et les Émirats arabes unis signent un accord intergouvernemental
La France et les Émirats arabes unis ont signé un accord intergouvernemental concernant le futur avion de combat Rafale F5, selon Patrick Pailloux, délégué général pour l'armement, qui s'est exprimé sur BFM Business le 30 octobre. Cet accord n'est toutefois pas encore un contrat formel, les discussions se poursuivant entre les industriels émiratis et français.Coopération sur des composants spécifiques
L'accord porte sur une coopération concernant certains composants spécifiques du Rafale F5, notamment des pièces, des capteurs et d'autres éléments pouvant être réutilisés. Selon Patrick Pailloux, ce partenariat s'inscrit dans une « approche différente », avec une « coopération sur des objets ». Les Émirats arabes unis financeront certains composants qui seront intégrés au F5, dont le moteur. Patrick Pailloux a insisté sur le fait que l'accent est mis sur l'interopérabilité et que les Émirats participeront au développement de certaines parties de l'appareil.Le Rafale F5, un nouvel avion
Le Rafale F5 est présenté comme un « nouvel avion » plutôt que comme une simple évolution. Patrick Pailloux a déclaré : « Nous allons tout changer, sauf la forme de l'avion. » L'accord ouvre de nombreuses possibilités de coopération, notamment la participation à certaines pièces spécifiques telles que les nacelles, les réservoirs et les radars.Contexte de la collaboration avec les Émirats
Cette collaboration avec les Émirats arabes unis fait suite à une commande de 80 Rafale F4 passée en 2021, l'une des plus importantes exportations du Rafale. Les négociations précédentes avaient échoué en raison du refus des Émirats de financer le développement du nouveau standard du Rafale, ainsi que de la réticence de la France à partager certaines technologies sensibles.Souveraineté et plans d'exportation
Patrick Pailloux a assuré que l'accord n'implique aucun contrat ni aucun partenariat susceptible de compromettre la souveraineté de la France ou sa capacité à maîtriser son destin. Le Rafale F5 doit entrer en service vers 2034 et être proposé à l'exportation peu après.La position de Dassault Aviation
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a souligné que l'entreprise est capable de travailler seule sur le Rafale F5, déclarant : « Pourquoi créer un regroupement de capitaux pour construire un avion si nous savons déjà construire un avion avec un seul industriel ? » Éric Trappier a toutefois précisé que des coopérations seront proposées, sans pour autant être structurantes pour la conception de cet appareil.Un travail national et des objectifs futurs
Le général Jérôme Bellanger, chef d'état-major de l'armée de l'air, a indiqué que le F5 sera le fruit d'un « travail national ». Le Rafale F5 est considéré comme une révolution de mi-vie de l'appareil, mettant en avant l'intelligence artificielle ou les drones pour le combat collaboratif. Il devrait poser les « premières briques » du Futur avion de combat (SCAF) qui lui succédera en 2050.