Un naturaliste raconte la création du Festival international du film d'ornithologie, retraçant son parcours de la France rurale à la promotion de la sensibilisation à la nature par le cinéma et l'éducation.
Le fondateur revient sur les origines du festival de la nature
Dominique Brouard, fondateur du Festival international du film ornithologique (FIFO), revient sur les débuts de l'événement. Il raconte comment il a créé la « Quinzaine de la Nature » à Ménigoute, dans les Deux-Sèvres, qui a ensuite évolué pour devenir le FIFO. Ce récit fait partie d'une série de textes qu'il a partagés, dont les épisodes précédents et suivants sont disponibles dans d'autres publications.Du sport d'hiver à la vie rurale
Dans l'Isère, Brouard a réalisé un rêve d'enfance en explorant la montagne, mais il a constaté que le milieu était centré sur le profit et le tourisme. Lui et sa femme ont compris que ce mode de vie ne correspondait pas à leurs valeurs. Ils ont décidé de chercher une existence plus porteuse de sens en milieu rural, ce qui les a conduits à s'installer à Ménigoute en 1981.Trouver sa place à Ménigoute
Après la naissance de leur premier enfant, Brouard a cherché un emploi dans une zone rurale. Il s'est rendu à Poitiers, où il a rencontré Patrick Bonneau, qui lui a montré une carte des centres culturels de la région. Ménigoute, dont le centre social peinait à fonctionner, semblait prometteur. Brouard s'y est installé avec sa famille, en pensant ne rester que temporairement.Le lancement de la semaine de la nature
Dès le départ, Brouard voulait créer la « Quinzaine de la Nature », un événement axé sur l'éducation et la sensibilisation à la faune sauvage. L'initiative a rapidement reçu un fort soutien du public, avec la participation des écoles et des groupes locaux. Sa femme Christine a joué un rôle clé dans l'organisation des expositions et des ateliers, tandis que des naturalistes locaux se sont joints à l'effort.Documentaires et échanges
La première « Quinzaine de la Nature » a proposé des projections de films et des débats sur la conservation de la faune sauvage. Parmi les films marquants figurait The End of a Myth, qui examinait l'impact de l'activité humaine sur les loups canadiens. Brouard a également invité l'ornithologue Michel Terasse à présenter ses documentaires, ce qui a suscité des discussions avec des chasseurs locaux au sujet des populations de rapaces.Une évolution vers le festival
En 1984, la « Quinzaine de la Nature » était devenue un événement important. Brouard a proposé de la transformer en festival permanent pour mettre en valeur l'identité naturaliste de la région. Il croyait au pouvoir des médias visuels pour sensibiliser aux enjeux environnementaux, une vision qui allait mener à la création du Festival international du film ornithologique.