L'État français condamné à indemniser un ancien ouvrier agricole dont le cancer de la prostate a été lié à l'exposition à des pesticides en Guadeloupe.
La France condamnée à verser une indemnisation
La France a été condamnée à verser une indemnisation à un ancien ouvrier agricole atteint d'un cancer de la prostate lié à son exposition au pesticide chlordécone, utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe. Le tribunal administratif de la Guadeloupe a rendu sa décision le 27 octobre, estimant que l'État français doit verser 28 500 euros à l'ouvrier dans le cadre de ce jugement.Une maladie liée à l'exposition au pesticide
Le tribunal a reconnu un lien direct entre le diagnostic de cancer de la prostate de l'homme et sa longue exposition au chlordécone. Il a travaillé dans le secteur agricole de 1955 à 1992, notamment dans les bananeraies de Petit-Bourg entre 1973 et 1992. Son cancer a été diagnostiqué en 2010 et officiellement reconnu comme maladie professionnelle en 2023.Le tribunal relève deux fautes de l'État
Le tribunal a identifié deux fautes de la part du gouvernement français : avoir autorisé la vente d'un produit contenant du chlordécone en 1972, alors que sa toxicité et sa persistance dans l'environnement étaient déjà connues, et avoir tardé à rechercher la présence du pesticide dans l'environnement et à protéger la population. Les premières traces de chlordécone ont été détectées dans les eaux et les sédiments de l'estuaire du Grand Carbet en 1993, mais les sources d'eau potable les plus contaminées n'ont été fermées qu'en décembre 2000.Une indemnisation pour les souffrances et le quotidien
L'ancien ouvrier avait initialement réclamé près de 1,12 million d'euros pour les conséquences de sa maladie. Le tribunal lui a accordé 28 500 euros, dont 17 000 euros au titre de l'impact sur sa vie quotidienne et 10 000 euros pour ses souffrances physiques et morales. Par ailleurs, l'État français versera 1 500 euros au titre des frais de justice.