Trente ans après l'interdiction de l'amiante en France, l'indemnisation des victimes reste un défi, avec seulement 2 745 personnes ayant demandé le fonds dédié, le FIVA, l'an dernier, selon un rapport.

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L'interdiction de l'amiante en France fête ses 30 ans

Trente ans après l'interdiction de l'amiante en France, l'indemnisation des victimes reste un défi : seulement 2 745 personnes ont demandé l'an dernier à bénéficier du fonds dédié, le FIVA, selon un rapport.

Le FIVA aide les victimes à accéder à l'indemnisation

Le fonds contacte désormais directement les victimes pour les aider à faire valoir leurs droits, a-t-il indiqué mercredi 28 octobre. L'amiante, classé cancérigène dès 1977 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), est un minéral fibreux résistant au feu, largement utilisé en France dans l'industrie et le bâtiment jusqu'à son interdiction, il y a près de trente ans, en 1997.

Les risques sanitaires liés à l'exposition à l'amiante

L'inhalation prolongée de fibres d'amiante expose à des cancers et à des maladies respiratoires et pleurales graves et incurables, notamment le cancer du poumon, le mésothéliome pleural, les plaques pleurales, l'asbestose et, plus rarement, les cancers du larynx et de l'ovaire, selon la Haute Autorité de santé (HAS). Le délai moyen entre l'exposition et l'apparition de ces maladies peut aller de 20 à 40 ans, voire davantage.

Le FIVA a traité plus de 117 000 demandes

Depuis sa création en 2001, plus de 117 000 victimes et leurs familles ont déposé une demande auprès du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA) pour obtenir une indemnisation, dont 2 745 l'an dernier, a annoncé mercredi 29 octobre cet organisme public, financé par la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale. Près de 8 milliards d'euros leur ont été alloués depuis la création du fonds, qui accepte 85 % des demandes.

Un nouveau décret facilite l'identification des victimes

Un décret facilite l'identification des victimes afin d'améliorer leur indemnisation. « Nous parlons de cancers bronchopulmonaires qui ne sont pas toujours opérables, de mésothéliomes dont l'espérance de vie après le diagnostic est extrêmement faible, entre 12 et 18 mois », a déclaré à l'AFP Anne Thauvin, directrice du fonds. « Nous observons un vieillissement régulier des victimes qui nous saisissent, avec des hommes âgés en moyenne de 71 ans : nous ne pouvons pas exclure qu'un certain nombre d'entre elles soient décédées sans avoir déposé de demande auprès de nous. »

Le FIVA contacte directement les victimes

Une mesure appelée « décret prospectif », prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, dont la publication, après avis de la CNIL, a été retardée, permet depuis septembre au FIVA de contacter directement les personnes atteintes de maladies professionnelles liées à l'amiante pour les aider à faire valoir leurs droits. Leurs noms sont transmis par l'Assurance maladie et par la Mutualité sociale agricole (MSA). « 321 personnes ont été contactées, près de 80 ont renvoyé les formulaires : certaines pourraient être indemnisées avant la fin de l'année », selon Anne Thauvin.