L'interdiction de l'amiante en France fête ses 30 ans

Trente ans après l'interdiction de l'amiante en France, le pays peine toujours à indemniser les victimes : l'an dernier, seules 2 745 personnes ont déposé une demande auprès du Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA).

Utilisation de l'amiante et risques pour la santé

L'amiante, un minéral fibreux résistant au feu, était largement utilisé dans l'industrie et le bâtiment en France avant son interdiction en 1997. L'exposition à l'amiante peut entraîner de graves maladies incurables, notamment le cancer du poumon et le mésothéliome pleural.

Délai de latence et nombre d'expositions

La Haute Autorité de santé (HAS) indique que le délai moyen entre l'exposition à l'amiante et l'apparition des maladies qui y sont liées peut atteindre 20 à 40 ans, voire davantage. En 2007, un à deux millions de travailleurs ont pu être exposés à l'amiante, dont 900 000 rien que dans le secteur du bâtiment.

Le rôle du FIVA et les efforts d'indemnisation

Depuis sa création en 2001, le FIVA a reçu plus de 117 000 demandes émanant de victimes et de leurs familles. Financé par la Sécurité sociale, le fonds a versé près de 8 milliards d'euros d'indemnisations et accepté 85 % des demandes.

Une nouvelle initiative pour atteindre les victimes

Une nouvelle mesure, intégrée à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024, permet au FIVA de contacter directement les personnes atteintes de maladies professionnelles liées à l'amiante. Le fonds reçoit désormais les noms transmis par l'Assurance maladie et par la Mutualité sociale agricole (MSA).

Les difficultés liées aux demandes d'indemnisation

Anne Thauvin, directrice du FIVA, a souligné que nombre de demandeurs sont âgés, les hommes ayant en moyenne 71 ans. Certaines victimes pourraient être décédées sans avoir déposé de demande, ce qui rend les efforts de contact d'autant plus urgents.