Une entreprise suisse installée aux Émirats arabes unis en 2007
Une société suisse, Jawer, a changé de nom pour devenir Helin en 2007 et s'est installée aux Émirats arabes unis afin d'échapper au secret bancaire suisse. Ce déménagement l'a placée au cœur d'une affaire internationale de fraude fiscale actuellement jugée à Paris.L'affaire des « Dubai Papers » concerne 13 personnes et trois sociétés
Cette affaire, connue sous le nom de « Dubai Papers », implique 13 personnes et trois sociétés accusées d'avoir aidé plus de 100 riches contribuables français à échapper à l'impôt et à blanchir de l'argent entre 2007 et 2018. Selon les procureurs, ce système leur aurait permis d'éviter au moins 54 millions d'euros d'impôts.Des contribuables français ont dissimulé 200 millions d'euros dans des comptes offshore
Selon l'accusation, les résidents fiscaux français détenaient à eux seuls plus de 200 millions d'euros d'actifs dissimulés à travers 658 sociétés offshore. Ces fonds étaient répartis dans des banques aux Bahamas, à l'île Maurice, à Hong Kong et à Porto Rico.Une affaire révélée par L'Obs et étayée par des milliers de documents
L'affaire a éclaté en septembre 2018, lorsque l'hebdomadaire français L'Obs en a fait état. L'enquête a été renforcée par des milliers de documents internes de Jawer et Helin, transmis anonymement au Parquet national financier (PNF) en janvier 2019.Les documents révèlent les méthodes de la fraude fiscale internationale
Ces documents comprennent des messages, des relevés financiers et d'autres pièces qui détaillent la manière dont la fraude fiscale internationale a été organisée. On y trouve notamment l'utilisation de messageries chiffrées, des pseudonymes dans les communications internes, ainsi que des méthodes discrètes de transfert d'argent, comme les valises de liquide ou les cartes prépayées.Le prince belge Henri de Croÿ au centre de l'affaire
À la tête de l'opération se trouvait le prince belge Henri de Croÿ, 68 ans, connu sous le nom de « A3 » dans les communications internes. Il a été le premier appelé à la barre. Son avocat, Me Antoine Vey, a déclaré que Henri de Croÿ ne conteste pas les éléments présentés contre lui, mais souhaite préciser l'étendue de sa connaissance des faits et de sa responsabilité.D'autres accusés, dont des membres de sa famille et une mécène britannique
Le frère et associé d'Henri de Croÿ, Emmanuel de Croÿ, ainsi que la mécène britannique Géraldine Whittaker, sont également poursuivis. Selon l'accusation, les fondations caritatives de Géraldine Whittaker auraient pu servir à dissimuler l'argent des clients.Des procédures se poursuivent en Belgique et en Suisse
D'autres actions judiciaires liées à l'affaire sont en cours en Belgique et en Suisse. Certains accusés moins centraux ont plaidé coupable et ont reçu des peines de prison avec sursis ainsi que des amendes pouvant atteindre 240 000 euros. Le procès doit se poursuivre jusqu'au 3 décembre.